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Rwanda


Le président Paul Kagamé a, à l'occasion de son discours prononcé en août lors du sommet des médias de la communauté des Etats de l'Afrique de l'Est, qualifié la presse locale de « partenaire important dans le développement national » tout en accusant les journalistes occidentaux de présenter une image peu reluisante qui « retarde les progrès ou alimente les conflits ». Ce thème à double consonance - l'appel lancé aux journalistes locaux pour faire progresser l'agenda gouvernemental tout en décrivant la presse internationale comme des adversaires - est souvent utilisé par les dirigeants régionaux. Mais les journalistes critiques à l'égard du gouvernement de Kagamé sont considérés comme des ennemis et non pas comme des partenaires par son administration. Depuis plusieurs années, les autorités persécutent de manière agressive les journalistes critiques à leur égard, forçant beaucoup d'entre eux à l'exil, en emprisonnant quelques uns et poussant le reste à l'autocensure. Le CPJ a identifié trois journalistes emprisonnés lors de son recensement annuel des journalistes incarcérés à travers le monde en date du 1er décembre et au moins deux autres qui ont été détenus pendant de longues périodes au courant de cette année. Il semble que les lignes rouges soient facilement franchissables et sévèrement punies. Les autorités ont emprisonné un présentateur radio pendant 100 jours après que le journaliste a fait un lapsus qui semblait offenser les rescapés du génocide de 1994. Bien que Kagamé ait fait part de son appui aux réformes de la presse lors du sommet, trois projets de loi appuyés par la presse rwandaise sont restés bloqués au niveau du parlement. Ces projets de loi devraient permettre l'accès aux informations ayant trait au gouvernement, la nomination d'un médiateur de la presse indépendant du gouvernement et la création d'une chaîne publique.

Nairobi, le 15 novembre 2012--Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a  aujourd'hui récusé la peine de prison prononcée mercredi dernier par une cour d'appel au Rwanda contre un journaliste. Le CPJ exhorte ainsi les autorités rwandaises à le libérer en attendant son appel déjà prévu.

New York, le 18 mai 2012- Les autorités du Rwanda détiennent un présentateur de radio sans inculpation depuis le 24 avril dernier pour avoir prétendument prononcé des termes considérés comme une offense aux rescapés et aux victimes du génocide de 1994, selon des médias et des journalistes locaux.

Les autorités du pays ont mené un assaut judiciaire agressif contre les journalistes critiques, en utilisant les lois interdisant toute offense aux fonctionnaires et abusant des lois anti-génocide pour faire taire les voix indépendantes. Les relations étroites du Président Paul Kagame avec les gouvernements occidentaux ont continué à lui servir de bouclier protecteur contre les critiques sur son piètre bilan en matière de liberté de la presse. En février, un panel de juges de la Haute Cour a condamné deux rédacteurs de l'hebdomadaire indépendant Umurabyo à de longues peines de prison en les accusant de prôner une « idéologie génocidaire » suite à des articles relatant les clivages ethniques dans les forces de sécurité. En juin, la Cour suprême a condamné par contumace Jean-Bosco Gasasira, directeur du journal indépendant Umuvugizi, à une peine de deux ans et demi d'emprisonnement en l'accusant d'offense dans un article où il comparé le président Kagamé à Robert Mugabe du Zimbabwe. M. Gasasira avait fui le pays en 2010, rejoignant ainsi l'une des diasporas issues de la presse la plus grande dans la région. Le directeur de l'hebdomadaire indépendant, Nelson Gatsimbazi, a fui le pays en septembre, également par peur d'emprisonnement. Des actions agressives perpétrées par le gouvernement ont laissé un paysage médiatique sombre et largement dominé par l'État. Un petit nombre de sites critiques demeurent, mais ils ont été victimes de blocages réguliers de la part du gouvernement.

l'Iran en tête des nations qui emprisonnent le plus les journalistes

De nettes différences régionales sont constatées tandis que le nombre de journalistes emprisonnés en raison de leur travail augmente considérablement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Des dizaines de journalistes sont détenus sans inculpation, dont beaucoup dans des prisons secrètes, selon un rapport spécial du CPJ.

Les journalistes faisant des reportages sur les manifestations et les troubles civils sont exposés à un risque croissant de détention. Ici, des soldats israéliens arrêtent un journaliste palestinien. (Reuters)


New York, le 6 juin 2011--La Cour suprême du Rwanda a condamné vendredi dernier Jean Bosco Gasasira, rédacteur en chef du journal en ligne Umuvugizi, à une peine d'emprisonnement de deux ans et six mois. M. Gasasira a été condamné sous des accusations d'outrage au président du Rwanda et d'incitation à la désobéissance civile, ont dit au CPJ des journalistes locaux. Ce journaliste estime que sa nouvelle condamnation est probablement lié un article en ligne qu'il a écrit et qui a comparé le président du Rwanda Paul Kagame à celui du Zimbabwe, Robert Mugabe.

À travers l'Afrique, les gouvernements criminalisent le journalisme d'investigation

Le président sortant de la Cote d'Ivoire Laurent Gbagbo, qui s'accroche au pouvoir après une dispute post-électorale, parle aux journalistes au sortir d'un bureau de vote d'Abidjan (AFP/Issouf Sanogo)

Par Mohamed Keita

À travers l'Afrique, l'émergence du journalisme d'investigation et l'absence de lois effectives sur l'accès à l'information ont établi une trajectoire de collision dans laquelle les autorités, déterminées à voiler leurs activités, opèrent agressivement pour démasquer les sources confidentielles des journalistes et criminaliser la possession de documents administratifs divulgués dans la presse. Du Cameroun au Kenya, de l'Afrique du Sud au Sénégal, les représailles gouvernementales ont abouti à des emprisonnements, à des actes violences, à des menaces et au harcèlement judiciaire. Au moins deux décès suspects, notamment ceux d'un directeur de publication et d'une source confidentielle, ont été signalés sur fond de représailles gouvernementales contre le journalisme d'investigation.

Principaux Développements
• Le gouvernement suspend des journaux en langue kinyarwanda avant l'élection présidentielle.
• Le rédacteur en chef adjoint d'un journal critique à l'égard du gouvernement assassiné. Un scepticisme plane sur l'enquête policière.

Statistique Cle
93 pour cent des suffrages remportés par le président sortant Paul Kagame lors de la présidentielle. Face à lui, aucune opposition crédible.


Devant une foule de milliers de personnes à Kigali, la capitale rwandaise, quelques jours avant sa réélection en août dans un scrutin presque sans opposition, le président Paul Kagame a déclaré que «ceux qui donnent à notre pays une mauvaise image peuvent prendre une corde et se pendre», a rapporté la chaîne britannique, BBC. L'antagonisme de Kagame à l'égard de ses détracteurs a guidé le traitement de la presse par son administration tout au long de l'année électorale. Ainsi, le gouvernement a fermé les deux principaux hebdomadaires indépendants du pays en avril, réduit au silence plusieurs autres organes de presse dans les semaines ayant précédé le vote, et traduit en justice des journalistes détracteurs de sa gestion. Dans une affaire qui a défrayé la chronique, le rédacteur en chef adjoint de l'hebdomadaire indépendant Umuvugizi, Jean-Léonard Rugambage, a été abattu devant son domicile de Kigali, apparemment dans un assassinat planifié. La police a immédiatement indiqué que le meurtre était une vengeance pour la prétendue implication de ce journaliste dans le génocide de 1994, une conclusion qui a été accueillie avec un profond scepticisme par les journalistes.

New York, le 4 février 2011-- Les peines de prison sévères infligées à deux journalistes rwandaises en vertu des lois vagues et draconiennes du Rwanda contre l'« idéologie du génocide » et le  «divisionnisme» auront un effet dissuasif sur la presse de ce pays, a déclaré le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

New York, le 7 janvier 2011--Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dénonce la requête par le parquet rwandais de longues peines d'emprisonnement à l'encontre de deux journalistes de l'hebdomadaire indépendant Umurabyo. En effet, lors d'une audience de la Haute Cour de la République jeudi dernier à Kigali, la capitale rwandaise, le procureur général, Agustin Nkusi, a requis 33 ans de prison pour Agnès Uwimana, directrice de publication dudit hebdomadaire, et 12 ans de réclusion pour son adjointe, Saidati Mukakibibi. 

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