Attaques contre la presse

2012

Attaques contre la presse   |   Cameroun

Attaques contre la presse en 2011: Le Cameroun

Après l'élection présidentielle d'octobre qui a permis à Paul Biya de prolonger son règne de 29 ans à la tête du Cameroun, le gouvernement a cherché à juguler les manifestations populaires et la couverture par les médias des protestations qui ont suivi cette élection. Après avoir consolidé son pouvoir en modifiant la constitution pour lever le verrou sur la limitation des mandats et en nommant massivement ses fidèles partisans parmi les membres de l'organe chargé d'observer les élections, Paul Biya s'est arrogé 78 pour cent des voix dans un scrutin marqué par une faible participation et entaché d'irrégularités selon les États-Unis d'Amérique et la France. Vingt-deux candidats de l'opposition, qui ne pèsent pas grand chose, se sont partagé le reste des voix. Avec un espace politique et médiatique sous l'emprise de Paul Biya, les médias sociaux sont devenus le principal moyen pour critiquer son bilan en matière de répression politique, de pauvreté et de corruption. En février, le porte-parole du gouvernement M. Issa Tchiroma Bakary a convoqué des journalistes à son bureau et a accusé les Camerounais utilisant les médias sociaux, dont beaucoup sont basés à l'étranger, de « manipuler » les jeunes pour déstabiliser le pays. Un mois plus tard, le gouvernement a temporairement fermé un service de messagerie SMS via Twitter pour déjouer des manifestations potentielles. Les forces de sécurité s'en sont prises à des journalistes couvrant la dispersion violente de manifestations à petite échelle, alors que des journalistes-citoyens ont posté sur YouTube plusieurs vidéos montrant les manœuvres policières musclées. Tout au long de l'année, des personnalités publiques ont profité de leur position pour engager des poursuites contre des journalistes qui enquêtaient sur des affaires de corruption. Au moins trois journalistes critiques ont été détenus pendant des durées variées.

21 février 2012 4h55 ET

Attaques contre la presse   |   Angola

Attaques contre la presse en 2011: L'Angola

Des manifestations dirigées par des jeunes et alimentées par des médias sociaux pour exiger des reformes ont été menées contre le Président José Eduardo Dos Santos, qui a fait 32 années au pouvoir. Le parlement, contrôlé par le MPLA, le parti du président Dos Santos, a examiné un projet de loi visant à « lutter contre la criminalité » liée aux technologies de l'information et de la communication. Le projet de loi, qui était pendant en fin d'année, devrait durcir les peines pour diffamation et pénaliser la diffusion en ligne « d'enregistrements, de photos et de vidéo » sans le consentement du sujet. Dans une adresse à la télévision nationale ciblant les citoyens journalistes, le Président Dos Santos a fustigé l'utilisation de l'Internet pour organiser des « manifestations non autorisées pour offenser, dénigrer, provoquer le tollé et la confusion ». En effet un utilisateur de YouTube du nom de Kimangakialo a posté plus de 150 extraits vidéo des manifestations. Dans le même discours du mois d'avril, M. Dos Santos a affirmé que les journalistes jouissaient d'une liberté sans entrave qui leur permettait de critiquer son régime. Alors qu'une enquête du CPJ révèle que les forces de sécurité ont agressé, détenu, et entravé les journalistes indépendants faisant des reportages sur des manifestations et des fonctions officielles. De puissantes personnalités publiques et des autorités se sont servies des forces de sécurité et des tribunaux pour régler des comptes avec les journalistes enquêtant sur des allégations d'abus de pouvoir, de corruption ou de mauvaise conduite. Deux journalistes, notamment Armando José Chicoca et William Tonet, ont été condamnés à des peines de prison pour avoir fait une couverture critique des évènements, mais ils ont été relaxés en appel en fin d'année. José Manuel Gimbi a subi des intimidations de la part des forces de sécurité pendant qu'il faisait une enquête dans l'enclave du Cabinda, une région pétrolifère et militarisée. Des attaques par déni de service visant les sites Internet gérés par des exilés, Club-K et Angola24horas, ont abouti à la fermeture de ces sites en octobre.

21 février 2012 4h55 ET

Attaques contre la presse

Attaques contre la presse en 2011: L'Afrique du Sud

Le Congrès national africain, le parti au pouvoir a intensifié son contrôle sur les médias qui sont engagés dans des enquêtes sur son bilan en matière de pauvreté, de criminalité et de corruption, et qui ont soulevé des craintes au sujet de la durabilité des réformes démocratiques post-apartheid. En juin, le gouvernement a annoncé une nouvelle politique visant à utiliser le budget publicitaire de l'État pour récompenser les médias qui lui sont favorables. Les membres de mouvement des jeunes de l'ANC ont tenté d'intimider les médias qui ont enquêté sur les comportements prodigues et les affaires de son bouillant ex-leader, Julius Malema. Des jeunes ont agressé des journalistes couvrant l'apparition de Julius Malema lors d'une rencontre convoquée par son parti pour discuter de ses déclarations radicales. Le président Jacob Zuma, qui s'est rendu à deux reprises en Libye pour soutenir Mouammar Kadhafi, a été critiqué pour n'avoir pas tenu les autorités libyennes responsables dans l'affaire Anton Hammerl. En effet, les forces loyalistes à Kadhafi ont tué le photojournaliste sud-africain en avril, mais les responsables libyens ont dissimulé les informations sur la mort de M. Hammerl pendant plusieurs semaines. En octobre, des responsables sud-africains ont reconnu que la police avait exploité des conversations téléphoniques des journalistes Mwazili wa Afrika et Stephan Hofstätter. Les deux reporters ont fait face à des menaces et des intimidations suite à une enquête qu'ils ont menée en 2010 sur la corruption au sein de la police. L'ANC a annoncé plusieurs mesures restrictives, y compris un projet de loi qui permettrait aux fonctionnaires de classer pratiquement tout élément d'information du gouvernement au nom de « l'intérêt supérieur de la nation». L'Assemblée nationale a approuvé le projet de loi en novembre, et l'a soumis aux Conseils provinciaux pour approbation en fin d'année.

21 février 2012 4h55 ET

Attaques contre la presse

Attaques contre la presse en 2011: Préface

La technologie a démocratisé la publication de l'actualité, et elle a ébranlé des régimes qui assurent leur survie à travers le contrôle de l'information. Des images vidéo de répressions de la Birmanie à la Syrie en passant par l'Égypte illustrent de fort belle manière les avantages des plateformes Internet et des médias sociaux. Pourtant, le printemps arabe de 2011 témoigne également de la nécessité impérieuse pour les fournisseurs et les utilisateurs des outils numériques de bien comprendre les dangers de leur déploiement dans les pays répressifs. À mesure que les menaces contre les journalistes en ligne s'aggravent et deviennent plus fréquentes, elles mettent en évidence la mission du CPJ qui est d'être une organisation à vocation véritablement mondiale. Aujourd'hui, davantage de journalistes ont plus que jamais besoin de l'aide du CPJ.

21 février 2012 4h55 ET

Attaques contre la presse   |   China, Egypt, Syria, Éthiopie

Attaques contre la presse en 2011: Abolition de la censure: la prochaine révolution de l'information

Les nouvelles plateformes d'information comme les médias sociaux sont des outils précieux, mais la bataille contre la censure est loin d'être terminée. Par Joël Simon

21 février 2012 4h55 ET

Attaques contre la presse   |   Cameroun, Gambie, Guinée équatoriale, Ouganda, Éthiopie

Attaques contre la presse en 2011: En Afrique, le développement toujours au détriment de la liberté

Beaucoup de dirigeants africains continuent d'offrir un faux choix entre la stabilité et la liberté de la presse. Emboitant la Chine, investisseur majeur, ils insistent d'avantage sur la stabilité sociale que sur l'ouverture et la réforme. Par Mohamed Keita

21 février 2012 4h55 ET

Attaques contre la presse   |   Angola, Tunisie

Attaques contre la presse en 2011: Les lois contre la cybercriminalité: le piège à journalistes

Les législations soutenant la sécurité sur Internet peuvent rapidement se transformer en une arme contre la presse libre. Les lois sur la cybercriminalité étendent les codes pénaux du monde en ligne, mais elles peuvent facilement être élargies à criminaliser les activés journalistiques de base. Par Danny O'Brien

21 février 2012 4h55 ET

Attaques contre la presse   |   Russia, Somalie, Syria, Tunisie

Attaques contre la presse en 2011: Tandis que le domaine de la sécurité murit, les risques se multiplient

Le danger lié à la couverture des violentes manifestations de rue est devenue un risque important pour les journalistes, aux côtés des combats et des assassinats ciblés. L'agression sexuelle, le crime organisé, et la vulnérabilité numérique sont également des dangers. L'industrie de la sécurité a du mal à suivre. Par Frank Smyth

21 février 2012 4h55 ET

Attaques contre la presse   |   Zimbabwe

Attaques contre la presse en 2011: Le Zimbabwe

En dépit de la baisse progressive du harcèlement officiel contre la presse après avoir atteint son paroxysme lors des élections contestées de 2008, un cadre juridique très restrictif a réduit la presse locale et indépendante à une simple poignée d'organes. La coalition grincheuse entre le ZANU-PF de Robert Mugabe et le MDC de Morgan Tsvangirai n'a pas réussi à mettre en œuvre les réformes des médias qu'ils avaient promis d'entreprendre lors de la signature de leur accord sur le partage du pouvoir en 2008, laissant intactes des lois répressives telles que celle relative à l'accès à l'information et la loi sur la protection des renseignements personnels. Au moins six journalistes ont fait face à des accusations de diffamation, notamment deux journalistes de l'hebdomadaire Standard qui ont été arrêtés après avoir couvert l'arrestation d'un homme politique. Les assaillants ont fait irruption dans les locaux du NewsDay et Masvingo Mirror et ont emporté des disques durs et des disques de stockage. Les deux cambriolages ont fait l'objet d'une couverture médiatique critique mais aucun suspect n'a été arrêté dans les deux affaires. Craignant l'influence des révolutions en Afrique du nord, les autorités ont arrêté des dizaines de membres de la société civile pour avoir regarder des images de la révolution égyptienne lors d'un rassemblement public. L'Union européenne a nommé six journalistes des médias d'État parmi les 200 Zimbabwéens soumis à des sanctions pour avoir prétendument incité à la violence lors du scrutin 2008.

21 février 2012 4h55 ET

2012

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