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Attaques contre la presse


Analyses et base de données sur les conditions de la liberté de la presse à travers la région. Mohamed Keita examine le choix erroné entre développement et liberté de la presse, pendant que Tom Rhodes soulève des interrogations sur un meurtre irrésolu au Kenya,s'ajoute à une tendance d'impunité mondiale dans les assassinats de journalites à travers le monde.

Il n'est pas trop tard pour que justice soit rendue à Francis Nyaruri, qui a été tué en 2009 après suite à son enquête dévoilant un scandale de corruption dans la police. L'assassinat est arrivé dans un contexte de tueries extrajudiciaires répandues. Par Tom Rhodes avec le reportage de Clifford Derrick

L'agression très médiatisée sur Lara Logan avait pour la première fois mis le danger de la violence sexuelle auquel sont exposés les journalistes sous les projecteurs. En conséquence, il y a une discussion plus ouverte entre les journalistes et les responsables éditoriaux, mais il existe encore trop peu de mesures préventives. Par Lauren Wolfe

Après l'élection présidentielle contestée de novembre 2010, le président sortant Laurent Gbagbo et son rival Alassane Ouattara reconnu par les Nations Unies comme « le Président élu », ont mené une longue bataille de plusieurs mois pour la présidence qui s'est traduite par une guerre interposée entre les médias qui leur sont proches. Le deux parties se sont livrées cette bataille à Abidjan, la capitale économique du pays, où l'ex-Président Laurent Gbagbo contrôlait les médias nationaux et les forces de sécurité. Alassane Ouattara qui bénéficiait du soutien d'une poignée de journaux a mis en place une station de télévision improvisée dans l'hôtel où il s'était retranché avec son gouvernement, sous la protection des casques bleus de l'ONU. Les deux parties se sont livrées à des actes de représailles ciblant les médias rivaux, forçant de nombreux journalistes à vivre dans la clandestinité. Un journaliste et un collaborateur de presse ont été assassinés dans les violences. Selon la presse locale, les combattants fidèles à Alassane Ouattara ont affronté les troupes de Laurent Gbagbo pour le contrôle du principal media public, notamment la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne en mars et avril, détruisant les studios et les émetteurs et coupant le signal de la télévision. Quoique les mouvements des médias aient été limités pendant l'assaut final sur Abidjan, certains journalistes citoyens ont fourni des images exclusives des déflagrations et des opérations militaires en postant des vidéos non montées sur les médias sociaux en ligne. Avec l'arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, Alassane Ouattara a pris le pouvoir et promis d'œuvrer pour la réconciliation, mais son gouvernement a incarcéré un animateur de télévision pro-Gbagbo en l'accusant de complot contre l'État, et ses forces ont saccagé et occupé les locaux des médias fidèles à l'ancien Président. Les journalistes considérés comme des pro-Gbagbo ont subit des harcèlements permanents.

En annonçant à cor et à cri une croissance économique à un niveau égal à celui de l'Inde et en affirmant l'adhésion de son pays au régime autoritaire chinois, le Premier ministre Meles Zenawi à dévoilé un ambitieux plan de développement en partie fondé sur le durcissement croissant de la répression contre les journalistes critiques. Dans un élan agressif, le gouvernement a étendu l'application d'une loi anti-terroriste de 2009, en traitant les groupes rebelles et les mouvements de l'opposition de terroristes et en pénalisant toute couverture médiatique des activités desdites forces. A la fin de l'année dernière, les autorités détenaient sept journalistes sous de vagues accusations de terrorisme, y compris deux ressortissants suédois qui faisaient un reportage sur les rebelles séparatistes de la région pétrolifère de l'Ogaden, et trois Éthiopiens connus pour être critiques à l'égard du parti au pouvoir. Le gouvernement n'a fourni aucune preuve crédible contre les journalistes, alors que le Premier ministre Meles Zenawi et les médias d'État ont déjà condamné les journalistes avant même le début du procès. Dans son rapport d'évaluation périodique sur l'Éthiopie, la Commission des droits de l'homme du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies a soulevé de nombreuses questions sur l'utilisation de la loi antiterrorisme. En novembre, les intimidations exercées par le gouvernement ont conduit à la fermeture du journal indépendant Times Awramba et contraint deux de ses journalistes, dont M. Kebede Dawit, le lauréat 2010 du Prix International de la Liberté de la Presse du CPJ, à fuir le pays. Un autre journaliste est allé en exil en septembre après que son nom est apparu dans les câbles diplomatiques américains non expurgées publiés par Wikileaks. La police a menacé d'arrêter le journaliste après que le câble a révélé qu'il avait parlé aux diplomates américains au sujet d'une potentielle répression contre la presse.

Aucune presse indépendante n'a opéré dans ce pays de la Mer Rouge depuis la répression gouvernementale en septembre 2001 contre des opposants qui a conduit à l'emprisonnement de 11 journalistes de renom, sans aucune inculpation ni procès, et à la fermeture forcée de leurs publications. Le gouvernement du Président Isaias Afewerki a systématiquement refusé de communiquer sur le lieu de détention, le statut juridique, ou la santé des journalistes emprisonnés, et n'a même pas confirmé les reportages selon lesquels certains sont morts en détention. Tous ces journalistes sont détenus sans accès à leurs familles ni leurs avocats. Les seuls médias autorisés à opérer dans le pays sont sous l'emprise du ministre de l'Information Abdou Ali, qui impose un contrôle stricte de l'information par l'intimidation et l'emprisonnement. Même les journalistes des médias d'État ont bravé les ordres de «tirer pour tuer » des gardes-frontières pour fuir le pays. Les agents de l'État basés à l'étranger harcèlent et intimident les médias créés par des journalistes en exil. Ces pratiques abusives du gouvernement ont été condamnées par le Parlement européen en septembre 2011, la dernière d'une série de censures au niveau international.

Le Président Bingu wa Mutharika a promulgué une modification du code pénal qui permet au gouvernement d'interdire toute publication qu'il juge « contraire à l'intérêt public. » Les autorités n'ont pas immédiatement utilisé la nouvelle tactique, mais des journalistes locaux, affirment que l'existence de la loi a un effet intimidant. Des autorités du gouvernement ont également fait usage d'injonctions judiciaires pour museler les médias critiquant les transactions financières des fonctionnaires de l'État. Les autorités et les partisans du parti au pouvoir se sont opposées énergiquement à la couverture de manifestations organisées à l'échelle nationale contre la hausse du prix du carburant et la diminution des réserves bancaires: la police et des agents de sécurité ont battu et arrêté des journalistes, le gouvernement a bloqué les émissions de quatre stations de radio privées, et des partisans présumés du parti au pouvoir ont saccagé deux véhicules appartenant au média privé Zodiac Broadcasting Corp. Les responsables du journal en ligne, Nyassa Times, connus pour être critiques, ont indiqué avoir subi des attaques par déni de service qui a affecté leur site Internet pendant les manifestations.

La technologie a démocratisé la publication de l'actualité, et elle a ébranlé des régimes qui assurent leur survie à travers le contrôle de l'information. Des images vidéo de répressions de la Birmanie à la Syrie en passant par l'Égypte illustrent de fort belle manière les avantages des plateformes Internet et des médias sociaux. Pourtant, le printemps arabe de 2011 témoigne également de la nécessité impérieuse pour les fournisseurs et les utilisateurs des outils numériques de bien comprendre les dangers de leur déploiement dans les pays répressifs. À mesure que les menaces contre les journalistes en ligne s'aggravent et deviennent plus fréquentes, elles mettent en évidence la mission du CPJ qui est d'être une organisation à vocation véritablement mondiale. Aujourd'hui, davantage de journalistes ont plus que jamais besoin de l'aide du CPJ.

Les nouvelles plateformes d'information comme les médias sociaux sont des outils précieux, mais la bataille contre la censure est loin d'être terminée. Par Joël Simon

Le Congrès national africain, le parti au pouvoir a intensifié son contrôle sur les médias qui sont engagés dans des enquêtes sur son bilan en matière de pauvreté, de criminalité et de corruption, et qui ont soulevé des craintes au sujet de la durabilité des réformes démocratiques post-apartheid. En juin, le gouvernement a annoncé une nouvelle politique visant à utiliser le budget publicitaire de l'État pour récompenser les médias qui lui sont favorables. Les membres de mouvement des jeunes de l'ANC ont tenté d'intimider les médias qui ont enquêté sur les comportements prodigues et les affaires de son bouillant ex-leader, Julius Malema. Des jeunes ont agressé des journalistes couvrant l'apparition de Julius Malema lors d'une rencontre convoquée par son parti pour discuter de ses déclarations radicales. Le président Jacob Zuma, qui s'est rendu à deux reprises en Libye pour soutenir Mouammar Kadhafi, a été critiqué pour n'avoir pas tenu les autorités libyennes responsables dans l'affaire Anton Hammerl. En effet, les forces loyalistes à Kadhafi ont tué le photojournaliste sud-africain en avril, mais les responsables libyens ont dissimulé les informations sur la mort de M. Hammerl pendant plusieurs semaines. En octobre, des responsables sud-africains ont reconnu que la police avait exploité des conversations téléphoniques des journalistes Mwazili wa Afrika et Stephan Hofstätter. Les deux reporters ont fait face à des menaces et des intimidations suite à une enquête qu'ils ont menée en 2010 sur la corruption au sein de la police. L'ANC a annoncé plusieurs mesures restrictives, y compris un projet de loi qui permettrait aux fonctionnaires de classer pratiquement tout élément d'information du gouvernement au nom de « l'intérêt supérieur de la nation». L'Assemblée nationale a approuvé le projet de loi en novembre, et l'a soumis aux Conseils provinciaux pour approbation en fin d'année.

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