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Zimbabwe


En dépit de la baisse progressive du harcèlement officiel contre la presse après avoir atteint son paroxysme lors des élections contestées de 2008, un cadre juridique très restrictif a réduit la presse locale et indépendante à une simple poignée d'organes. La coalition grincheuse entre le ZANU-PF de Robert Mugabe et le MDC de Morgan Tsvangirai n'a pas réussi à mettre en œuvre les réformes des médias qu'ils avaient promis d'entreprendre lors de la signature de leur accord sur le partage du pouvoir en 2008, laissant intactes des lois répressives telles que celle relative à l'accès à l'information et la loi sur la protection des renseignements personnels. Au moins six journalistes ont fait face à des accusations de diffamation, notamment deux journalistes de l'hebdomadaire Standard qui ont été arrêtés après avoir couvert l'arrestation d'un homme politique. Les assaillants ont fait irruption dans les locaux du NewsDay et Masvingo Mirror et ont emporté des disques durs et des disques de stockage. Les deux cambriolages ont fait l'objet d'une couverture médiatique critique mais aucun suspect n'a été arrêté dans les deux affaires. Craignant l'influence des révolutions en Afrique du nord, les autorités ont arrêté des dizaines de membres de la société civile pour avoir regarder des images de la révolution égyptienne lors d'un rassemblement public. L'Union européenne a nommé six journalistes des médias d'État parmi les 200 Zimbabwéens soumis à des sanctions pour avoir prétendument incité à la violence lors du scrutin 2008.

À travers l'Afrique, les gouvernements criminalisent le journalisme d'investigation

Le président sortant de la Cote d'Ivoire Laurent Gbagbo, qui s'accroche au pouvoir après une dispute post-électorale, parle aux journalistes au sortir d'un bureau de vote d'Abidjan (AFP/Issouf Sanogo)

Par Mohamed Keita

À travers l'Afrique, l'émergence du journalisme d'investigation et l'absence de lois effectives sur l'accès à l'information ont établi une trajectoire de collision dans laquelle les autorités, déterminées à voiler leurs activités, opèrent agressivement pour démasquer les sources confidentielles des journalistes et criminaliser la possession de documents administratifs divulgués dans la presse. Du Cameroun au Kenya, de l'Afrique du Sud au Sénégal, les représailles gouvernementales ont abouti à des emprisonnements, à des actes violences, à des menaces et au harcèlement judiciaire. Au moins deux décès suspects, notamment ceux d'un directeur de publication et d'une source confidentielle, ont été signalés sur fond de représailles gouvernementales contre le journalisme d'investigation.

Principaux Développements
• La presse obtient des acquis considérables avec l'octroi de licences à cinq publications.
• La police, des loyalistes du ZANU-PF harcèlent, agressent les journalistes indépendants.

Statistique Cle
Aucune licence de radiodiffusion délivrée aux organes de presse privés depuis 2001


Pour la première fois en sept ans, les organismes de régulation des médias, sous le contrôle de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) au pouvoir, ont accordé cinq licences à des publications privées, ouvrant ainsi une brèche pour la liberté de la presse dans ce pays longtemps opprimé. Cependant, le harcèlement de la police, l'intransigeance des autorités concernant l'octroi de licences à des radiodiffuseurs privés, et la réticence du gouvernement à poursuivre les réformes juridiques ont fait en sorte que cette brèche reste une simple fissure.
Principaux développements
• Le gouvernement ne parvient pas à mettre en œuvre les réformes permettant aux médias privés de fonctionner plus librement.
• Deux stations internationales de radiodiffusion autorisées à reprendre leurs émissions.

Statistique clé
32000 dollars américains: le montant des frais de demande et d'accréditation imposé aux journalistes locaux.

le 30 juin 2006

Son Excellence Denis Sassou-Nguesso
Président de l’Union Africaine et Président de la République du Congo
Aux bons soins de l’Ambassade de la République du Congo
4891 Colorado Avenue, NW, Washington DC 20011

Fax: (202) 726-1860


Votre Excellence,

A l’occasion du sommet de l’Union africaine qui doit se tenir à Banjul, en Gambie, à partir du 1 juillet, le Comité pour la protection des journalistes vous engage instamment, en tant que président de l’Union africaine, à soulever avec les autres chefs d’Etat et de gouvernement de la nécessité de défendre la liberté de la presse sur le continent.
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Coordonnateur du plaidoyer pour l'Afrique:
Mohamed Keita

Consultant pour l'Afrique de l'Est:
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