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Le journaliste haïtien Kendi Zidor est sorti indemne d'un attentat par balles à Port-au-Prince

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Image d'un poste de police à Port-au-Prince le 18 Février, 2019.  Tout récemment, le journaliste Kendi Zidor est sorti indemne d'un attentat par balles dans la ville. (Reuters/Ivan Alvarado)

Miami, le 22 Juillet 22, 2019 -- Le Comité pour la protection des journalistes a condamné aujourd'hui un attentat par balles à Port-au-Prince contre Kendi Zidor, un journaliste haïtien, et le comité a exhorté les autorités haïtiennes d'enquêter sur les menaces contre Zidor et de traduire en justice les auteurs de celles-ci.

En parlant au CPJ par téléphone, Zidor avait indiqué que, le soir du 16 Juillet, trois hommes non identifiés sur un moto, dont deux étaient armés de fusils, avaient essayé de le forcer à arrêter son auto lorsqu'il conduisait vers sa maison et, quand il avait refusé, ils ont tiré sur lui. Le journaliste, Zidor, avait indiqué qu'il en est sorti indemne, mais que sa voiture avait été frappé.

Zidor travaille en tant que commentateur pour la chaîne de télévision Téle Pacific, et le journal quotidien Le National, et il avait déclaré au CPJ que, par suite de la publication en mai d'un éditorial qui avait critiqué les autorités locales, il a reçu des menaces de mort par message texte.

« Cette attaque sur le journaliste Kendi Zidor ainsi que les menaces de mort contre lui illustrent clairement les conditions dangereuses que connaissent les journalistes en Haïti » avait annoncé Natalie Southwick, le Coordonnateur de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud à New York. « Les autorités haïtiennes devraient intensifier leurs efforts pour répondre à et pour enquêter sur les incidents de violence contre les médias, afin de garantir que ceux qui sont responsables sont traduits en justice. »

Le 23 Mai, Zidor avait publié un éditorial dans Le National en critiquant la façon dont les autorités haïtiennes avaient menées les enquêtes sur le soi-disant massacre de La Saline, une situation où, en Novembre 2018, de dizaines de personnes auraient été torturée et tuées.

Dans un message texte envoyé à Zidor après la publication de l'éditorial, qui avait été examiné par le CPJ, un individu non-identifié avait déclaré au journaliste que, s'il continuait à écrire sur le massacre, « il obtiendrait ce qu'il méritait », et en plus il avait dit « Lorsque vous me voyez, je suis la dernière personne que vous verrez. »

Le 13 Juin, Zidor avait porté plainte à la police relative aux messages menaçants, il les avait montré des captures d'écran des textes, et avait-il déclaré au CPJ, le 19 Juillet, il a déposé une autre plainte, par suite de l'attentant de tir. Il avait indiqué qu'il n'a reçu aucune information de la police sur soit l'une soit l'autre plainte.

Aujourd'hui, le CPJ avait fait un appel à la Police judiciaire haïtienne en demandant des commentaires, et l'individu qui avait répondu avait indiqué au CPJ qu'il était responsable tout simplement de répondre au téléphone, et qu'il ne pouvait pas fournir des informations sur le cas de Zidor, et il ne pouvait non plus diriger les enquêtes du CPJ à une autre personne ayant des informations pertinentes. Le CPJ n'arrivait pas à contacter la Police nationale haïtienne par le biais du site web de la police, ce qui affichait un message d'erreur.

Selon les recherches du CPJ, depuis le début de 2019, au moins un journaliste a été touché par balle et un autre journaliste a été tué à Port-au-Prince. Le CPJ fait l'enquête sur le meurtre afin d'établir s'il était lié au travail du journaliste.

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