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Le CPJ condamne la suspension de six journaux au Gabon

New York, le 12 Novembre 2009—Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) condamne la suspension de six journaux privés au Gabon par le Conseil national de la Communication (CNC), l’organe de régulation des médias gabonais contrôlé par le gouvernement. Le CNC a annoncé ces suspensions, allant d’un à trois mois, dans un communiqué rendu public mardi soir à la chaîne de télévision d’État. Les journaux ont été interdits de paraître pour « violation de l'éthique du journalisme et incitation à la division ethnique », selon la presse locale.

« Cette suspension sans précédent de médias privés vise à réduire au silence tout contestataire potentiel du scrutin présidentiel au Gabon », a déclaré le responsable de la section Afrique du CPJ, Tom Rhodes, ajoutant que « le CNC doit immédiatement lever toutes ces suspensions ».

En début septembre dernier, Ali Bongo a été élu président du Gabon, un pays riche en pétrole, à la suite d’un scrutin organisé pour succéder à son père, Omar Bongo, décédé en juin dernier après avoir dirigé ce pays pendant 41 ans. Toutes les publications suspendues avait écrit des articles critiques à l’égard du déroulement du scrutin présidentiel gabonais qui serait irrégulier, ont déclaré au CPJ des journalistes locaux.

Des peines de suspensions immédiates ont été infligées à ces journaux, notamment Nku'u Le Messager et Le Crocodile suspendus pour un mois, Le Scriboullard, L'Ombre et La Nation pour deux mois, et Echos du Nord pour trois mois. Les deux autres publications privées, Le Temps et Gabon D'Abord ont été mis en demeure de « respecter les normes en vigueur relative à la profession de journalisme », selon des journalistes locaux.

Selon Norbert Ngoua, président de l'Association des professionnels de la presse libre écrite (APPEL) du Gabon, par ailleurs directeur du journal bihebdomadaire Nku’u Le Messager, le CNC n'a fourni aucun détail sur la nature des délits de presse qui auraient été commis par ces journaux. De plus, les journalistes ne sont pas légalement autorisés à faire appel de ces suspensions, a dit M. Ngoua.

Par ailleurs, le CNC a suspendu indéfiniment une émission interactive intitulé « Entre Nous » et diffusée par la chaîne de télévision privée Canal Espoir pour de « nombreux manquements quant à la maitrise des techniques de diffusion d’une émission en direct », selon une déclaration. Le CNC était mécontent de la façon dont l'animateur de cette émission a permis au public d'être ouvertement critique à l’égard de certains individus sur les ondes de cette chaînes, d’après des journalistes locaux

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