Réactions de stress

Le stress post-traumatique est une réaction normale aux évènements anormaux. Le stress peut affecter non seulement les correspondants de guerre, mais aussi les journalistes couvrant n’importe quelle tragédie ayant entrainé souffrance et pertes en vies humaines. Les exécutions de peine de mort, les fusillades gratuites, les attentats à la bombe, les agressions sexuelles faites aux enfants, les violences conjugales, les suicides et les intimidations sont parmi les sujets qui peuvent entrainer le stress extrême.

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10 Réactions de stress


Les réactions de stress chez les correspondants de guerre: Une étude clé
28.6%
prédominance de vie du syndrome de stress post-traumatique
21.4%
Taux de dépression
14.3%
Taux de toxicomanie

Feinstein A., Owen J., Blair N. “A Hazardous Profession: War, Journalists, and Psychopathology.” [Une profession à risques: Guerre, Journalistes et Psychopathologie] American Journal of Psychiatry. 159 (9): 1570-1576.


Le stress post-traumatique est une réaction normale aux évènements anormaux. Le stress peut affecter non seulement les correspondants de guerre, mais aussi les journalistes couvrant n’importe quelle tragédie ayant entrainé souffrance et pertes en vies humaines. Les exécutions de peine de mort, les fusillades gratuites, les attentats à la bombe, les agressions sexuelles faites aux enfants, les violences conjugales, les suicides et les intimidations sont parmi les sujets qui peuvent entrainer le stress extrême.

Le stress post-traumatique peut se manifester de plusieurs façons. L’individu qui traverse une période de stress ne peut exprimer que le sentiment que quelque chose n’est tout simplement pas juste ou que des efforts doivent être faits. Pour les journalistes dont le travail consiste à observer et à rapporter les évènements, et non à agir sur ces évènements, simplement entrain d’observer sous leurs yeux des tragédies humaines peut susciter un stress émotionnel. Les journalistes qui interviewent les victimes de traumatisme, peuvent en effet, s’exposer et vivre ce que les experts appellent le traumatisme interposé ou secondaire. Les rédacteurs chargés de photos et de vidéo peuvent être traumatisés à la suite d’une manipulation d’images effroyables l’une après l’autre. Les directeurs de médias à chaque niveau peuvent être traumatisés à la suite d’un stress occasionné par leur assistance à gérer les risques auxquels sont confrontés leurs reporters et leurs photojournalistes, surtout après une blessure ou un risque fatal.

Signes du stress

Les signes de stress sont souvent subtils. Un journaliste peut paraitre plus anxieux, replié sur lui-même, insensible, dépressif, triste ou coléreux et les émotions peuvent être permanentes ou variables. Les symptômes physiques peuvent inclure les troubles du sommeil ou de l’alimentation, l’accélération du rythme cardiaque, la transpiration, la crise de panique, les nausées, les céphalées et les douleurs thoraciques. Les relations personnelles et professionnelles tendues sont souvent fréquentes. Il en va de même pour l’abus de l’alcool ou de la drogue. Les autres peuvent inclure une fixation anormalement intense sur le travail accompli, comme si l’on essaie d’éviter un sentiment de culpabilité, à l’instar des autres comportements compulsifs.

Quelle est la fréquence du stress post-traumatique chez les journalistes? Plus d’un journaliste sur sept travaillant aux Etats-Unis d’Amérique et en Europe inclus dans l’échantillon d’une étude menée en 2001 par les spécialistes Allemands Teegen et Grotwinkel ont manifesté des signes constants de syndrome de stress post-traumatique (SSPT) extrême. Une étude menée en 2003 par le psychiatre Canadien Anthony Feinstein, a révélé que plus d’un correspondant de guerre sur quatre ont manifesté des signes constants de stress extrême. Des études ont également montré que les conflits au lieu de travail, que ce soit entre journalistes ou entre les journalistes leurs autorités, peuvent intensifier les réactions individuelles au traumatisme.

« Les journalistes sont une tribu résistante », a noté Bruce Shapiro, Directeur exécutif du Centre Dart pour le Journalisme & Traumatisme, dans un discours délivré en 2010 à Melbourne, Australie, « cependant nous sommes aussi vulnérables aux blessures psychologiques, tout comme les pompiers, les agents de police, les ambulanciers paramédicaux ou les soldats, et nous avons besoin d’être formés, d’une assistance psychologique et un leadership conscient de ces questions ».

Le syndrome de stress post-traumatique est un diagnostic établi en 1980 par des cliniciens qui travaillent avec les anciens combattants Américains de la guerre du Vietnam. Ce trouble implique une prépondérance de symptômes qui durent plusieurs mois ou plus. Il peut également impliquer davantage de symptômes envahissants, y compris le retrait émotionnel ou la torpeur, la peur intense, le sentiment de colère ou de culpabilité, le sentiment d’impuissance, l’hyper-vigilance aux menaces réelles, la perturbation de la conscience et la confusion.

Le SSPT peut de façon significative changer le mode de communication des réseaux neuronaux au niveau du cerveau. Les changements « peuvent susciter la reconstitution et le sentiment de revivre le passé », a déclaré Matthew Friedman, Directeur exécutif du Centre national pour le syndrome de stress post-traumatique de l’Association des anciens combattants américains Lorsqu’il n’est pas traité le SSPT peut également exacerber un éventail de troubles médicaux tels que l’hypertension.

La bonne nouvelle c’est que les cliniciens ont établi le phénomène de la croissance post-traumatique. « Nous parlons d’un changement positif qui résulte d’une situation très difficile », a déclaré au Washington Post en 2005 le Psychologue Lawrence G. Calhoun de l’université de Caroline du Nord à Charlotte. La croissance post-traumatique implique une meilleure estime de soi, de meilleurs rapports avec les autres, les capacités à réagir, l’appréciation de la vie non seulement après le rétablissement mais aussi émergeant renforcé après avoir surmonté une expérience traumatisante. La croissance se produit chez les « personnes qui sont confrontées à une situation de crises majeures développant un sens que les nouvelles perspectives créées par la situation difficile, qui offrent des possibilités qui n’étaient pas présentes auparavant », ont écrit les chercheurs de l’UCN à Charlotte.

Prendre soin de soi-même

Reconnaitre que vous êtes traumatisés est peut-être l’étape la plus difficile. Beaucoup de journalistes et de soldats ont quelque chose en commun en ce sens que les deux groupes ont tendance à refuser d’admettre l’impact du traumatisme. « Je ne suis pas certain que notre culture est disposée à l’admettre », a déclaré au New York Times en 2009, le Général George W. Casey Jr., Chef d’État-major de l’armée américaine. Expliquant que la nécessité de gérer le stress émotionnel peut être difficile à faire accepter au jeune soldat qui surtout « veut passer du temps et boire un verre avec ses copains ».

Apprenez à prendre soin de vous. Prenez une pause par rapport au travail, dites à votre rédacteur en chef que vous avez besoin d’une nouvelle mission. Donnez-vous la possibilité de laisser libre cours à vous émotions.

Le journaliste doit apprendre à prendre soin de lui-même. Une simple pause peut être très bénéfique. Vous devez donc trouver le courage de dire à votre rédacteur en chef que vous avez besoin d’un nouveau souffle. Et encore plus important est le fait que cela vous permet de vivre votre chagrin ou d’exprimer autrement vos émotions. Les exercices réguliers sont très utiles pour évacuer le stress, selon les experts scientifiques. Le National Institutes of Health National Center for Complementary and Alternative Medicine rapporte que les exercices corps-esprit tells que le yoga, le tai chi, qi gong et la méditation peuvent être bénéfiques.

L’expression de vos émotions est une autre façon d’évacuer le stress. Le fait que les journalistes discutent entre eux de leurs expériences respectives ne serait que bénéfique pour eux. Le lieu pourrait être quelque part dans la salle de rédaction ou dans un café environnant. Les responsables des salles de rédaction devraient aider à créer les opportunités et les forums pour la mise en place de la récapitulation entre collègues. « Ce dont j’avais réellement besoin, c’était du temps avec les collègues journalistes, pour parler de ce qui s’est passé », a déclaré Penny Owen du journal The Oklahoman dans une interview avec le Centre Dart après l’attentat contre un bâtiment fédéral à Oklahoma City. « Lorsque nous arrêtions, tout le monde en avait tellement assez de l’attentat que nous n’avons jamais vraiment pu tenir cette grande séance de discussion », a-t-il dit. Quel que soit le lieu, le cadre devrait être celui où personne ne se sentira jugé et où les journalistes se sentiront en sécurité pour s’ouvrir les uns aux autres.

Parler à un conseiller est une autre option pour les journalistes qui traversent un moment de stress émotionnel. Le Centre Dart propose un guide destiné au choix d’un thérapeute. Beaucoup de thérapeutes ont l’expérience dans le traitement du stress post-traumatique, et la recommandation d’un ami est souvent un point de départ dans la recherche d’un bon conseiller. (Certains régimes d’assurance peuvent aider à supporter les couts. Voir Chapitre 1, section relative à la Couverture d’Assurance et Annexe C Les assureurs.) Certaines cultures sont plus réfractaires que d’autres dans la reconnaissance du stress post-traumatique. Les journalistes vivant dans les pays très peu au fait de la question auront intérêt à consulter le site web du Centre Dart.


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Table des matières

9. Risques soutenus

Conclusion: Un monde nouveau
 



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