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Le CPJ appelle à une enquête sur le meurtre d'un journaliste à Madagascar

New York, le 09 février 2009-- Les autorités de Madagascar, une île de l'océan indien, doivent traduire en justice les membres de la garde présidentielle responsables de l'assassinat samedi dernier d'un journaliste qui couvrait une manifestation antigouvernementale à la capitale malgache, Antananarivo, a déclaré aujourd'hui le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).  

Il s'agit d'Ando Ratovonirina, âgé de 26 ans, qui était journaliste et cameraman de la chaîne privée Radio Télévision Analamanga (RTA). Il  a été tué d'une balle dans la tête après que les militaires malgaches ont ouvert le feu sur des manifestants non armés de l'opposition qui marchaient vers le palais présidentiel, selon des témoins.

M. Ratovonirina avait un micro à la main et prenait des notes sur son calepin, selon le  reporter Mirindra Raparivelo, qui filmait la scène pour la station. M. Raparivelo se souviens encore du sifflement des balles et de l'odeur de poudre pendant qu'il rampait pour en sortir indemne.

M. Ratovonirina est le premier journaliste tué dans l'exercice de ses fonctions à Madagascar depuis que le CPJ a commencé sa documentation détaillée sur les meurtres de journalistes  en 1992.

 «Nous sommes choqués par le meurtre d'Ando Ratovonirina et présentons nos sincères condoléances à sa famille et ses collègues », a déclaré le directeur de la section Afrique du CPJ, Tom Rhodes. « Le gouvernement du président malgache, Marc Ravalomanana, doit immédiatement enquêter sur ce meurtre perpétré par des membres de la garde présidentielle et veiller à ce que les responsables répondent de leurs actes », a-t-il martelé.

Au moins 25 personnes ont été tuées et 167 autres blessées dans la fusillade, selon l'agence Associated Press, bien que les journalistes locaux aient déclaré que le nombre de victimes pourrait être plus élevé. Il convient de souligner que la ministre malgache de la Défense a démissionné pour protester contre cette fusillade, tandis que l'Organisation des Nations Unies a appelé à la mise en place d'un « processus équitable par lequel les responsables seront traduits en justice ».

Par ailleurs, le rédacteur en chef de la RTA, Andry Raveloson, a déclaré au CPJ que M. Ratovonirina s'était distingué pour sa passion pour le journalisme depuis qu'il a commencé à travailler à la station en octobre 2008. « Il venait de terminer ses études de communication à l'université et voulait se mettre en pratique », a dit M. Raveloson, soulignant que le jeune journaliste, dont les funérailles sont prévues mercredi, avait également travaillé pour un journal local avant d'intégrer la RTA.

Les manifestations de samedi dernier se sont déroulées dans le cadre d'un bras de fer entre le président Ravalomanana et son rival Andry Rajoelina, le maire d'Antananarivo. M. Rajoelina, un politicien âgé de 34 ans au ton contestataire, a accusé le président Ravalomanana de mauvaise gestion et a exigé sa démission. L'opposant malgache est allé jusqu'à s'autoproclamer président et à mettre sur pied un gouvernement parallèle.

Il convient de rappeler que le mois dernier, des manifestants de l'opposition malgache avaient incendié les studios de deux chaînes de radio et télévision progouvernementales  en représailles à la fermeture sommaire par le gouvernement du président Ravalomanana d'une station de télévision appartenant au maire d'Antananarivo.

 

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