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Madagascar: deux stations de télévision incendiées lors de manifestations anti-gouvernementales

Des militants de l'opposition en colère ont aujourd'hui incendié deux stations de télévision progouvernementales à Madagascar, une l'île de l'océan indien, quelques heures après la fermeture d'une station de radio de l'opposition, selon des médias et des journalistes locaux. 

Cette violence reflète l'escalade des tensions politiques entre le président malgache, Marc Ravalomanana, et son rival Andry Rajoelina, qui est le maire de la capitale, Antananarivo, depuis la fermeture sommaire par le gouvernement d'une station de télévision appartenant au maire le mois dernier, selon des recherches du CPJ.

 M. Rajoelina, un opposant déclaré âgé de 34 ans, est à la tête d'un mouvement anti-gouvernemental qui s'inspire de la révolution orange pro-démocratique de 2004 en Ukraine, selon des médias internationaux. 

Des milliers de manifestants ont attaqué vers 13h, heure locale le complexe de la Radio Nationale Malgache et la Télévision Nationale Malgache mettant à feu au moins quatre voitures, selon le journaliste indépendant, Jeannot Ramambazafy. De la fumée s'échappait d'un bâtiment du complexe, après l'attaque. 

Une heure plus tard, des manifestants ont incendié les studios de Malagasy Broadcasting System, une station de radio et télévision appartenant au président Ravalomanana, selon des médias et des journalistes locaux, qui ont souligné qu'un manifestant âgé de 14 ans et un policier sont morts aux cours des affrontements.

 Auparavant, vers 3 heures du matin, environ une douzaine d'agents de sécurité armés du gouvernement avaient détruit l'émetteur de Viva Radio, une station appartenant à M. Rajoelina, selon des journalistes locaux. Le ministre malgache des Télécommunications, des postes et de la communication, Bruno Andriantavison, avait menacé de fermer cette station la semaine dernière, lui reprochant de diffuser une émission matinale susceptible d'inciter à la désobéissance civile et d'« ébranler la confiance du public envers les institutions de la République », a indiqué la presse locale,  citant une lettre officielle. 

« Les médias sont devenus les malheureuses cibles des querelles politiques et de la violence entre le gouvernement et les forces de l'opposition », a déclaré le directeur de la section Afrique du CPJ, Tom Rhodes. « Les leaders politiques des deux parties doivent faire appel à l'arrêt immédiat de ces attaques contre ces stations, qui mettent en danger la vie des journalistes qui y travaillent », a-t-il martelé.  

Dans un incident antérieur le 9 janvier dernier, deux agresseurs non identifiés avaient jeté un explosif avec une note d'avertissement contre l'émission de Viva Radio dans la maison du journaliste chevronné, Harry Laurent Rahajason, mieux connu sous le nom de Rolly Mercia, selon des journalistes locaux. Cependant personne n'a été blessé, ont-ils déclaré. 

Les organes de presse appartenant à M. Rajoelina et les stations indépendantes faisant une couverture de ses activités politiques font l'objet de censure de la part du gouvernement malgache depuis le 13 décembre dernier, lorsque les autorités du pays ont fermé Viva TV, une station sœur de Radio Viva qui lui appartient également, selon des recherches du CPJ.

 Un arrêté signé par le ministre Bruno Andriatavison, dont une copie a été obtenue par le CPJ,  avait accusé Viva TV de diffusion de « déclarations de nature à troubler la sécurité et l'ordre publics », suite à la diffusion en novembre dernier d'un long entretien avec l'ancien président malgache en exil, Didier Ratsiraka, selon des journalistes locaux. La licence de Viva TV a été par la suite retirée et son émetteur saisi par les forces de sécurité sur ordre de M. Andriatavison.

 

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