Les journalistes Arnaud Zajtman et Marlène Rabaud de la chaîne française
d'informations France 24, ont été stoppés lundi
dernier à l'aéroport de la capitale gabonaise, Libreville, par les autorités de
cette ville, selon les médias. L'entrée
sur le territoire gabonais leur a été refusé parce qu'ils n'auraient pas
d'accréditation pour exercer dans ce pays, a déclaré M. Zajtman dans un courriel adressé au CPJ.
Avant cet incident, les reportages des médias français
au sujet de l'hospitalisation de M. Bongo avaient été critiqués par le CNC. Samedi
dernier, ce dernier a accusé France 24 et d'autres chaînes françaises de radio et de télévision
par satellite, notamment LCI, I-télé et Radio France
Internationale (RFI), de « diffusion d'informations
non-officielles et alarmistes concernant l'état de santé du président »,
selon l'Agence
France-Presse. Le CNC a également adressé des mises en demeure à
l'endroit de RFI et du fournisseur de services satellite, Canal Overseas, pour non respect des clauses signées avec l'Etat gabonais,
une ancienne colonie française, lesquelles permettent de garantir le
« respect de l'ordre public, la sécurité du pays, l'unité nationale, les
bonnes mœurs et la dignité des citoyens ».
« La santé du président Bongo est une question
d'intérêt public », a déclaré le directeur de la section Afrique du CPJ, Tom
Rhodes. « La suspension d'Ezombolo et Le Nganga doit être immédiatement levée. Tous les médias
devraient être autorisés à couvrir librement cette affaire importante »,
a-t-il martelé.
Jean de Dieu
Ndoutoum-Eyi, le directeur de publication d'Ezombolo, et Harrys Kombila, un journaliste du Nganga, ont déclaré
au CPJ mardi dernier que leurs publications feront appel de leurs suspensions.
Il convient de noter que ces journaux avaient déjà été
ciblés auparavant par les autorités gabonaises pour des reportages critiques.
En mars 2007, le CNC avait suspendu
Ezombolo sur des
allégations de publication d'« informations injurieuses et
diffamatoires sur des personnalités éminentes de l'État », sans avoir
identifié les reportages jugés diffamatoires. En outre, Habib
Papy Boubendji, un journaliste du Nganga,
avait été convoqué à la présidence
de la République gabonaise en décembre 2008 et sévèrement bastonné par des
gardes présidentiels, selon des journalistes locaux.
Ces dernières années, les autorités gabonaises ont
recouru à l'emprisonnement, à
des saisies et des suspensions
temporaires, ou à l'interdiction
de publication de journaux afin de réduire au silence les critiques au
regard de sujets sensibles, notamment la richesse
de M. Bongo. Ainsi, une plainte
internationale déposée en France, et mettant en doute la manière
dont le président Bongo et sa famille ont acquis leur patrimoine immobilier à
Paris, figure parmi les sujets les plus sensibles au Gabon.

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