New York, le 06 février 2009--Le journaliste en ligne, Bruno Ossébi, a été enterré aujourd'hui en République du Congo, suite à son décès lundi dernier à l'hôpital militaire de la capitale congolaise, Brazzaville.
M. Ossébi, qui avait la double nationalité française
et congolaise, souffrait de brûlures au second degré causées par un incendie
non élucidé qui a tué sa compagne et les deux enfants de celle-ci âgés de 8 et
10 ans, selon les médias locaux. M.
Ossébi serait décédé un jour avant son évacuation médicale en France.
Dans une interview avec le CPJ, le porte-parole de la
police nationale du Congo, le Colonel Jean Aive Alakoua, a dit que les
circonstances et la cause de l'incendie n'ont pas encore été déterminées.
« Nous ne savons pas pour le moment si l'incendie est criminel ou
accidentel » a-t-il dit, soulignant
que certaines indications plaideraient pour une origine électrique, sans
faire davantage de commentaires.
S'adressant aujourd'hui au CPJ, le procureur de la
République du Congo, Alphonse Dinard Mokondzi, a indiqué que la déclaration
d'un témoin oculaire faisait état de l'explosion d'un téléviseur au domicile de
M. Ossébi.
Ainsi, l'Observatoire congolais des droits de l'Homme
(OCDH) a déclaré au CPJ, par la voix de son directeur exécutif, Roger Bouka,
qu'il fera des investigations indépendantes sur l'incendie et la cause du décès
de Bruno Ossébi.
« Nous déplorons la mort de Bruno Ossébi et
présentons nos sincères condoléances à sa famille et ses amis », a déclaré
le directeur de la section Afrique du CPJ, Thom Rhodes. « Nous appelons
les autorités congolaises à veiller à ce qu'une enquête approfondie et
transparente soit menée », a-t-il martelé.
Par ailleurs, dans une interview avec le CPJ
aujourd'hui, le ministre congolais de la communication, Alain Akouala, qui
avait rendu visite M. Ossébi à
l'hôpital, a déploré sa mort et indiqué qu'une enquête officielle est en cours.
« C'est triste, car c'était quelqu'un qui participait à sa manière aux
débats d'idées », a-t-il ajouté.
Il convient de remarquer que l'incendie du 21 janvier
chez Bruno Ossébi avait coïncidé avec un incident identique au domicile du
dissident politique congolais exilé en France, Benjamin Toungamani. Ces
incendies s'étaient produits trois jours après la publication par Mwinda d'une interview exclusive avec M. Toungamani dans laquelle
ce dernier accusait le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, de
corruption, selon des recherches du CPJ. Cependant, M. Toungamani n'a pas été
blessé.
M. Ossébi et M. Toungamani
envisageaient tous les deux de se porter partie civile dans une plainte internationale contre M. Sassou-Nguesso et les présidents de la Guinée
Equatoriale et du Gabon voisins, selon Maud Perdriel-Vaissière, un avocat de Sherpa, un réseau international de juristes basé
en France. En effet, en décembre dernier, Sherpa et Transparence Internationale, une organisation de lutte contre la corruption, avaient demandé une enquête sur la manière dont les présidents de ces trois pays
africains riches en pétrole ont acquis leur riche patrimoine immobilier en
France.
Il faut cependant souligner qu'au moins deux plaintes
ont été déposées par ces chefs d'Etats contre ces organisations. En outre, les
autorités gabonaises avaient arrêté en fin
décembre dernier un fonctionnaire qui s'était porté partie civile dans cette
affaire ainsi que deux journalistes, après avoir suspendu un journal local quelques mois
auparavant pour la réimpression d'un article du quotidien français Le Monde
portant sur le patrimoine du président Gabonais, Omar Bongo, à Paris.
M. Ossébi avait
également sorti en janvier dernier un scoop révélant que la société nationale des pétroles du
Congo aurait sollicité un financement d'un montant de 100 millions de dollars
américains auprès d'une banque française du fait de la mauvaise gestion des
profits pétroliers par le gouvernement congolais, selon des recherches du
CPJ. Cependant, Il n'y avait pas eu de réaction
officielle à ces allégations, selon des journalistes locaux.

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