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Attaques contre la presse

2012

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Plusieurs années de répression brutale orchestrée par le régime du Président Yahya Jammeh ont eu raison de la presse indépendante gambienne, jadis florissante, et contraint de nombreux journalistes à l'exil. En août, le gouvernement a contraint Taranga FM, la dernière radio indépendante qui diffusait l'infirmation en langues locales, à mettre fin à ses activités. Tout ce mouvement est intervenu avant l'élection présidentielle du mois d'octobre d'où Yaya Jammeh est sorti vainqueur sans véritable adversaire et ni aucune contestation. La répression officielle a revêtu plusieurs formes au fil des années ; elle s'est notamment traduite par des arrestations arbitraires, la censure, la fermeture forcée de médias, l'intimidation verbale et physique, des incendies criminels, et des poursuites sur fonds de lois restrictives. Ces actions, conjuguées aux attaques impunies contre des organes de presse et des journalistes, ont réduit toute la presse nationale à une poignée de journaux qui travaillent dans un climat de peur intense et d'autocensure. Dans sa politique de promotion de la Gambie au plan international comme une destination touristique de rêve, le gouvernement n'a pas respecté deux décisions de la Cour ouest africaine des droits de l'homme: l'une ordonnant la libération du journaliste « Chief » Ebrima Manneh, porté disparu depuis son interpellation de 2006, et l'autre enjoignant le gouvernement de dédommager un journaliste pour avoir été victime de détention illégale et de torture.

Les législations soutenant la sécurité sur Internet peuvent rapidement se transformer en une arme contre la presse libre. Les lois sur la cybercriminalité étendent les codes pénaux du monde en ligne, mais elles peuvent facilement être élargies à criminaliser les activés journalistiques de base. Par Danny O'Brien

L'information est étroitement contrôlée en Guinée équatoriale, que le CPJ a identifiée comme l'un des pays qui censurent le plus la presse au monde. Presque tous les médias d'information appartiennent au gouvernement ou à ses alliés et sont gérés par ceux-ci. Un journal indépendant parait dans le pays, mais il est obligé de pratiquer l'autocensure; aucun organe de presse indépendant n'opère au niveau national. Même dans cet environnement rigide, les autorités craignant les conséquences de la révolution arabe ont censuré la couverture médiatique des manifestations. Le président Teodoro Obiang a poursuivi ses efforts visant à redorer son image au niveau international, en assumant la présidence de l'Union africaine et en relançant son projet en vue de créer un « prix Obiang » pour la recherche en sciences de la vie sous les auspices de l'UNESCO. Pour la deuxième fois, l'UNESCO a suspendu la remise de ce prix suite à une campagne mondiale menée par les organisations de défense des droits de l'homme et de la liberté d'expression. Marquant ses 32 années au pouvoir, M. Obiang a déclaré qu'il n y avait « aucune » violation des droits de l'homme dans son pays. Mais son administration a suspendu un présentateur de radio d'État pour une simple référence à un « leader de la révolution libyenne ». Les autorités ont également exhorté les propriétaires de téléviseurs dans les lieux publics à ne pas capter les chaînes internationales par satellite couvrant la révolution arabe, selon des journalistes locaux. Des agents de sécurité ont détenu une équipe de télévision allemande et supprimé des images d'une interview avec un leader de l'opposition et des photos d'enfants jouant dans des bidonvilles.

Beaucoup de dirigeants africains continuent d'offrir un faux choix entre la stabilité et la liberté de la presse. Emboitant la Chine, investisseur majeur, ils insistent d'avantage sur la stabilité sociale que sur l'ouverture et la réforme. Par Mohamed Keita

Des agents de police et de sécurité ont exercé des violences physiques sur des journalistes locaux et étrangers pendant la campagne électorale générale et pendant la période post-électorale. Le Président sortant Yoweri Museveni a été réélu pour un quatrième mandat lors de l'élection de février qui a été entachée d'irrégularités comme en témoignent les scènes d'intimidation et d'achat de voix qui ont été rapportées. Les journalistes qui ont fait la couverture des candidats de l'opposition se sont particulièrement exposés à des risques: deux journalistes qui couvraient des manifestations ou des protestations de l'opposition ont été la cible de tirs à l'arme provenant d'agents de sécurité, provoquant l'hospitalisation de l'un des deux reporters. Au mois d'avril et mai, des autorités ont agressé au moins 25 journalistes couvrant les manifestations organisées par l'opposition à travers tout le pays pour protester contre la hausse généralisée des prix. Yoweri Museveni a publiquement critiqué les médias locaux et étrangers pour leur couverture des manifestations, affirmant que les reportages portaient atteinte aux intérêts économiques du pays. La police a perquisitionné les locaux de l'hebdomadaire indépendant Gwanga au mois de mai et a brièvement détenu quatre journalistes au motif fallacieux que leur possession d'un bulletin d'information sur la société civile pourraient d'une certaine manière inciter à la violence publique. Depuis, Gwanga n'a pas repris sa publication régulière.

Des manifestations dirigées par des jeunes et alimentées par des médias sociaux pour exiger des reformes ont été menées contre le Président José Eduardo Dos Santos, qui a fait 32 années au pouvoir. Le parlement, contrôlé par le MPLA, le parti du président Dos Santos, a examiné un projet de loi visant à « lutter contre la criminalité » liée aux technologies de l'information et de la communication. Le projet de loi, qui était pendant en fin d'année, devrait durcir les peines pour diffamation et pénaliser la diffusion en ligne « d'enregistrements, de photos et de vidéo » sans le consentement du sujet. Dans une adresse à la télévision nationale ciblant les citoyens journalistes, le Président Dos Santos a fustigé l'utilisation de l'Internet pour organiser des « manifestations non autorisées pour offenser, dénigrer, provoquer le tollé et la confusion ». En effet un utilisateur de YouTube du nom de Kimangakialo a posté plus de 150 extraits vidéo des manifestations. Dans le même discours du mois d'avril, M. Dos Santos a affirmé que les journalistes jouissaient d'une liberté sans entrave qui leur permettait de critiquer son régime. Alors qu'une enquête du CPJ révèle que les forces de sécurité ont agressé, détenu, et entravé les journalistes indépendants faisant des reportages sur des manifestations et des fonctions officielles. De puissantes personnalités publiques et des autorités se sont servies des forces de sécurité et des tribunaux pour régler des comptes avec les journalistes enquêtant sur des allégations d'abus de pouvoir, de corruption ou de mauvaise conduite. Deux journalistes, notamment Armando José Chicoca et William Tonet, ont été condamnés à des peines de prison pour avoir fait une couverture critique des évènements, mais ils ont été relaxés en appel en fin d'année. José Manuel Gimbi a subi des intimidations de la part des forces de sécurité pendant qu'il faisait une enquête dans l'enclave du Cabinda, une région pétrolifère et militarisée. Des attaques par déni de service visant les sites Internet gérés par des exilés, Club-K et Angola24horas, ont abouti à la fermeture de ces sites en octobre.

Après l'élection présidentielle d'octobre qui a permis à Paul Biya de prolonger son règne de 29 ans à la tête du Cameroun, le gouvernement a cherché à juguler les manifestations populaires et la couverture par les médias des protestations qui ont suivi cette élection. Après avoir consolidé son pouvoir en modifiant la constitution pour lever le verrou sur la limitation des mandats et en nommant massivement ses fidèles partisans parmi les membres de l'organe chargé d'observer les élections, Paul Biya s'est arrogé 78 pour cent des voix dans un scrutin marqué par une faible participation et entaché d'irrégularités selon les États-Unis d'Amérique et la France. Vingt-deux candidats de l'opposition, qui ne pèsent pas grand chose, se sont partagé le reste des voix. Avec un espace politique et médiatique sous l'emprise de Paul Biya, les médias sociaux sont devenus le principal moyen pour critiquer son bilan en matière de répression politique, de pauvreté et de corruption. En février, le porte-parole du gouvernement M. Issa Tchiroma Bakary a convoqué des journalistes à son bureau et a accusé les Camerounais utilisant les médias sociaux, dont beaucoup sont basés à l'étranger, de « manipuler » les jeunes pour déstabiliser le pays. Un mois plus tard, le gouvernement a temporairement fermé un service de messagerie SMS via Twitter pour déjouer des manifestations potentielles. Les forces de sécurité s'en sont prises à des journalistes couvrant la dispersion violente de manifestations à petite échelle, alors que des journalistes-citoyens ont posté sur YouTube plusieurs vidéos montrant les manœuvres policières musclées. Tout au long de l'année, des personnalités publiques ont profité de leur position pour engager des poursuites contre des journalistes qui enquêtaient sur des affaires de corruption. Au moins trois journalistes critiques ont été détenus pendant des durées variées.

Après l'élection présidentielle contestée de novembre 2010, le président sortant Laurent Gbagbo et son rival Alassane Ouattara reconnu par les Nations Unies comme « le Président élu », ont mené une longue bataille de plusieurs mois pour la présidence qui s'est traduite par une guerre interposée entre les médias qui leur sont proches. Le deux parties se sont livrées cette bataille à Abidjan, la capitale économique du pays, où l'ex-Président Laurent Gbagbo contrôlait les médias nationaux et les forces de sécurité. Alassane Ouattara qui bénéficiait du soutien d'une poignée de journaux a mis en place une station de télévision improvisée dans l'hôtel où il s'était retranché avec son gouvernement, sous la protection des casques bleus de l'ONU. Les deux parties se sont livrées à des actes de représailles ciblant les médias rivaux, forçant de nombreux journalistes à vivre dans la clandestinité. Un journaliste et un collaborateur de presse ont été assassinés dans les violences. Selon la presse locale, les combattants fidèles à Alassane Ouattara ont affronté les troupes de Laurent Gbagbo pour le contrôle du principal media public, notamment la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne en mars et avril, détruisant les studios et les émetteurs et coupant le signal de la télévision. Quoique les mouvements des médias aient été limités pendant l'assaut final sur Abidjan, certains journalistes citoyens ont fourni des images exclusives des déflagrations et des opérations militaires en postant des vidéos non montées sur les médias sociaux en ligne. Avec l'arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, Alassane Ouattara a pris le pouvoir et promis d'œuvrer pour la réconciliation, mais son gouvernement a incarcéré un animateur de télévision pro-Gbagbo en l'accusant de complot contre l'État, et ses forces ont saccagé et occupé les locaux des médias fidèles à l'ancien Président. Les journalistes considérés comme des pro-Gbagbo ont subit des harcèlements permanents.

Les autorités du pays ont mené un assaut judiciaire agressif contre les journalistes critiques, en utilisant les lois interdisant toute offense aux fonctionnaires et abusant des lois anti-génocide pour faire taire les voix indépendantes. Les relations étroites du Président Paul Kagame avec les gouvernements occidentaux ont continué à lui servir de bouclier protecteur contre les critiques sur son piètre bilan en matière de liberté de la presse. En février, un panel de juges de la Haute Cour a condamné deux rédacteurs de l'hebdomadaire indépendant Umurabyo à de longues peines de prison en les accusant de prôner une « idéologie génocidaire » suite à des articles relatant les clivages ethniques dans les forces de sécurité. En juin, la Cour suprême a condamné par contumace Jean-Bosco Gasasira, directeur du journal indépendant Umuvugizi, à une peine de deux ans et demi d'emprisonnement en l'accusant d'offense dans un article où il comparé le président Kagamé à Robert Mugabe du Zimbabwe. M. Gasasira avait fui le pays en 2010, rejoignant ainsi l'une des diasporas issues de la presse la plus grande dans la région. Le directeur de l'hebdomadaire indépendant, Nelson Gatsimbazi, a fui le pays en septembre, également par peur d'emprisonnement. Des actions agressives perpétrées par le gouvernement ont laissé un paysage médiatique sombre et largement dominé par l'État. Un petit nombre de sites critiques demeurent, mais ils ont été victimes de blocages réguliers de la part du gouvernement.

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