L'Indice de l'impunité du CPJ en 2012



Le danger lié à la couverture des violentes manifestations de rue est devenue un risque important pour les journalistes, aux côtés des combats et des assassinats ciblés. L'agression sexuelle, le crime organisé, et la vulnérabilité numérique sont également des dangers. L'industrie de la sécurité a du mal à suivre. Par Frank Smyth
Des journalistes locaux et internationaux ont fait face à des violences persistantes et meurtrières, avec des nouvelles qui font état de deux meurtres et d'assassinats ciblés lors de tris croisés. Quatre soldats de la mission de paix de l'Union africaine ont ouvert le feu sur un convoi d'aide humanitaire malaisien en septembre, tuant un journaliste et blessant un autre. La mission de l'UA en Somalie a suspendu les soldats et les a rapatrié à leur pays d'origine, le Burundi, pour qu'ils y soient jugés. Malgré de meilleures conditions de sécurité dans la capitale, Mogadiscio, les journalistes à travers le pays ont continué à fuir en exil pour éviter les menaces et la violence. Des militants du mouvement Shebaab et d'autres insurgés ont continué à museler des stations de radio indépendantes dans le sud et le centre de la Somalie. L'insécurité croissante dans la région semi-autonome du Puntland a conduit à une augmentation des attaques et des arrestations de journalistes. Au Somaliland, le président Ahmed Mahmoud Silyano est revenu sur sa promesse de campagne 2010 de défendre la liberté de presse et a lancé une série des procès en diffamation soutenus par l'État, contre la presse privée de la région.
Les journalistes perdent leurs vies à un rythme élevé en couvrant des manifestations dans le monde arabe et ailleurs. Les photographes et les journalistes indépendants semblent vulnérables. Le Pakistan est à nouveau le pays le plus meurtrier pour la presse dans le monde. Telles sont les grandes lignes du rapport annuel d CPJ sur la violence meurtrière contre la presse.
New York, le 26 septembre 2011--Quatre militaires de l'Union africaine (UA) déployés en Somalie ont été suspendus et renvoyés dans leur pays d'origine, le Burundi, pour un éventuel procès après qu'une enquête interne a révélé qu'ils sont responsables de la mort par balle d'un journaliste malaisien ce mois-ci. Dans un communiqué publié aujourd'hui, la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) s'est excusée de cette fusillade qui a également blessé un autre journaliste malaisien.

Par Mohamed Keita
À travers l'Afrique, l'émergence du journalisme d'investigation et l'absence de lois effectives sur l'accès à l'information ont établi une trajectoire de collision dans laquelle les autorités, déterminées à voiler leurs activités, opèrent agressivement pour démasquer les sources confidentielles des journalistes et criminaliser la possession de documents administratifs divulgués dans la presse. Du Cameroun au Kenya, de l'Afrique du Sud au Sénégal, les représailles gouvernementales ont abouti à des emprisonnements, à des actes violences, à des menaces et au harcèlement judiciaire. Au moins deux décès suspects, notamment ceux d'un directeur de publication et d'une source confidentielle, ont été signalés sur fond de représailles gouvernementales contre le journalisme d'investigation.
La Somalie est restée le pays africain le plus dangereux pour la presse. Deux journalistes ont été tués au cours de l'année en relation directe avec leur travail, ce qui porte le nombre de décès à 23 depuis 2005. Le conflit entre les groupes d'insurgés islamistes et le faible gouvernement fédéral de transition soutenu par les troupes de l'Union africaine (UA) a continué d'encourager l'exode régulier de journalistes qui cherchent à échapper à la violence meurtrière, la censure sévère et le harcèlement. Une étude du CPJ sur les journalistes en exil en 2010, publié en juin, a révélé qu'au moins 16 journalistes avaient fui le pays au cours des 12 mois précédents, avec 59 ayant choisi l'exil au cours de la décennie. Les journalistes qui sont restés au pays pratiquent une extrême autocensure pour survivre.
Au moins 42 journalistes ont été tués en 2010, du fait de l'émergence de deux tendances, notamment les attentats-suicides et les manifestations de rue violentes qui ont causé la hausse inhabituelle de la proportion de décès. Aussi, le nombre de journalistes en ligne est-il de plus en plus considérable dans le bilan des victimes, selon un rapport spécial du CPJ.
New York, le 19
avril 2010—La violence meurtrière, impunie contre la presse s’est accrue aux Philippines et en Somalie, selon un nouvel Indice de l’impunité du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans son l’indice représente une liste des pays où les journalistes sont tués régulièrement en raison de leur travail et où les gouvernements n’élucident pas de tels crimes. L'impunité des meurtres de journalistes s’est également accrue de manière significative en Russie et au Mexique, deux pays où la violence contre les médias presse s’est installé depuis longtemps.