Afrique

2013

Attaques contre la presse   |   Nigeria

Attaques contre la presse en 2012: Nigeria

Le président Goodluck Jonathan a eu du mal à maintenir la stabilité alors que Boko Haram, un groupe islamiste basé dans le nord du Nigeria, continuait une vague d'attentats terroristes contre des églises, des édifices publics, et, pour la première fois, contre des bureaux d'organes de presse. En avril, le groupe a orchestré des attentats coordonnés contre les bureaux de trois journaux dans deux villes, et menacé de représailles contre 14 organes de presse qu'il accuse de dénaturer l'information au sujet de ses activités. Les menaces ont contraint de nombreux journalistes à quitter le nord du Nigeria. Les médias ont également été victimes de harcèlements persistants de la part du gouvernement: le CPJ a documenté plus de 100 cas d'agressions, d'entraves à l'exercice des activités et d'autres actions contre la presse perpétrées par les forces de sécurité et des autorités. Le président Jonathan a également essuyé de vives critiques suite à sa décision de suspendre les subventions des carburants, ce qui a donné lieu à une grève à travers le pays et des manifestations de rue dans ce grand pays producteur de pétrole. Les manifestants ont encerclé les studios du radiodiffuseur public, en l'occurrence la Nigerian Television Authority et la télévision privée, Africa Independent Television, deux organes de presse importants jugés proches du gouvernement, pour exiger une plus grande couverture de leurs préoccupations. La colère s'est propagée sur les médias sociaux après le lancement du hashtag #OccupyNigeria qui a eu un écho mondial sur Twitter.

14 février 2013 0h04 ET

Attaques contre la presse   |   Mali

Attaques contre la presse en 2012: Mali

Après une longue période de calme et de liberté relatifs, la presse malienne a été confrontée à des menaces graves et inédites dans un pays secoué par un coup d'Etat militaire et une insurrection armée. En mars, une junte a renversé le président Amadou Toumani Touré, quelques semaines avant l'expiration de son second et dernier mandat. Touré avait essuyé le courroux de la population suite aux revers subis par l'armée dans sa lutte contre les séparatistes touaregs du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad dans la région nord du pays située dans le désert du Sahara. Les rebelles se sont alliés aux islamistes radicaux et ont profité de la crise politique après le coup d'Etat pour prendre le contrôle de Tombouctou et d'autres grandes et petites villes du Nord du pays. Les groupes islamistes ont imposé une censure draconienne sur des dizaines de stations de radio, et ordonné la fermeture d'au moins une station radio. Selon des journalistes locaux, leurs mesures comprenaient l'interdiction de la musique et l'obligation de diffuser des récitations du coran. Les journalistes travaillant dans les zones sous contrôle des rebelles et des islamistes ont également été l'objet d'intimidations intenses, tandis que ceux qui vivent dans les zones contrôlées par le gouvernement légitime ont subi des enlèvements, des détentions et des agressions.

14 février 2013 0h04 ET

Attaques contre la presse   |   Kenya

Attaques contre la presse en 2012: Kenya

Dans la période qui a précédé les élections de mars 2013, la tension était à son comble parmi les journalistes locaux, qui craignaient une répétition de la violence consécutive aux élections contestées de 2007 au cours de laquelle la presse a été la cible d'attaques et de harcèlement dans le cadre de sa couverture de l'actualité. Plusieurs journalistes ont été menacés ou attaqués durant toute l'année 2012, en représailles à leurs reportages sur la corruption parmi les autorités. Le CPJ a constaté que la plupart des attaques contre la presse ont eu lieu dans l'ouest du Kenya. L'installation du réseau de câbles à fibres optiques a fait grimper le nombre d'utilisateurs d'Internet. Avec le doublement de son taux de pénétration d'Internet depuis 2010, le Kenya avait le plus fort taux d'utilisateurs d'internet en Afrique de l'Est. Le pays est également leader en Afrique de l'Est en termes de nombre d'utilisateurs de téléphone portables avec 29 millions d'abonnés, selon les données de l'Union Internationale des Télécommunications. Le Kenya a continué d'être le principal refuge régional pour les journalistes fuyant leur pays d'origine de peur de subir des attaques ou d'être emprisonnés. Depuis 2007, au moins 52 journalistes se sont réinstallés au Kenya, mais souvent dans des conditions extrêmement précaires.

14 février 2013 0h03 ET

Attaques contre la presse   |   Somalie

Attaques contre la presse en 2012: Somalie

En dépit d'une élection présidentielle relativement calme et du contrôle continu de la capitale Mogadiscio par le gouvernement, un nombre record de journalistes somaliens ont été tués en 2012. Malgré le calme relatif qui règne dans la capitale, les meurtres ciblés de journalistes et de personnalités politiques se sont poursuivis, comme en témoigne notamment l'attentat meurtrier du mois de septembre perpétré dans un café fréquenté par des journalistes et des responsables gouvernementaux. Compte tenu du revers subi par les insurgés du mouvement Al-Shabaab à Mogadiscio en 2011, les incessants massacres continuent de soulever des inquiétudes en raison du fait que des journalistes et d'autres personnes ont été pris pour cible par un nombre grandissant de factions politiques rivales. Bien que la plupart des assassinats aient eu lieu dans la capitale, des hommes armés non identifiés ont tué deux journalistes dans des attaques séparées perpétrées à Galkayo, un pôle commercial de la région semi-autonome du Puntland. Trois stations de radio ont dû fermer au cours de l'année, dont deux sur ordre du mouvement Al-Shabaab et l'autre à l'instigation des autorités du Puntland l'instigation des autorités du Puntland. L'insécurité généralisée a contraint des dizaines de journalistes somaliens à fuir en exil au cours des cinq dernières années, le nombre le plus élevé au monde. La république semi-autonome du Somaliland, bien que paisible en comparaison avec le reste du pays, a procédé à de nombreuses détentions de journalistes.

14 février 2013 0h03 ET

Attaques contre la presse   |   Rwanda

Attaques contre la presse en 2012: Rwanda

Le président Paul Kagamé a, à l'occasion de son discours prononcé en août lors du sommet des médias de la communauté des Etats de l'Afrique de l'Est, qualifié la presse locale de « partenaire important dans le développement national » tout en accusant les journalistes occidentaux de présenter une image peu reluisante qui « retarde les progrès ou alimente les conflits ». Ce thème à double consonance - l'appel lancé aux journalistes locaux pour faire progresser l'agenda gouvernemental tout en décrivant la presse internationale comme des adversaires - est souvent utilisé par les dirigeants régionaux. Mais les journalistes critiques à l'égard du gouvernement de Kagamé sont considérés comme des ennemis et non pas comme des partenaires par son administration. Depuis plusieurs années, les autorités persécutent de manière agressive les journalistes critiques à leur égard, forçant beaucoup d'entre eux à l'exil, en emprisonnant quelques uns et poussant le reste à l'autocensure. Le CPJ a identifié trois journalistes emprisonnés lors de son recensement annuel des journalistes incarcérés à travers le monde en date du 1er décembre et au moins deux autres qui ont été détenus pendant de longues périodes au courant de cette année. Il semble que les lignes rouges soient facilement franchissables et sévèrement punies. Les autorités ont emprisonné un présentateur radio pendant 100 jours après que le journaliste a fait un lapsus qui semblait offenser les rescapés du génocide de 1994. Bien que Kagamé ait fait part de son appui aux réformes de la presse lors du sommet, trois projets de loi appuyés par la presse rwandaise sont restés bloqués au niveau du parlement. Ces projets de loi devraient permettre l'accès aux informations ayant trait au gouvernement, la nomination d'un médiateur de la presse indépendant du gouvernement et la création d'une chaîne publique.

14 février 2013 0h03 ET

Attaques contre la presse   |   République Démocratique du Congo

Attaques contre la presse en 2012: République démocratique du Congo

La presse traitant l'actualité sur les mutineries au sein des forces armées et la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC a été maintes fois censurée et intimidée, aussi bien par les autorités provinciales et le gouvernement national que les forces rebelles. Les hostilités ont repris à l'Est du pays après que le président Joseph Kabila a déclaré que son gouvernement allait arrêter Bosco Ntaganda, ancien chef de guerre recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. En réponse, Ntaganda a rejoint les soldats mutins pour former le Mouvement du 23 Mars (M23) qui a pris le contrôle des principales villes dans la province du Nord-Kivu. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC) a interdit tous les médias audiovisuels de diffuser des émissions-débats sur le conflit; plusieurs stations de radio ont été suspendues indéfiniment après avoir interviewé les mutins. Au moins trois journalistes sont entrés dans la clandestinité après avoir été menacés de représailles pour leurs reportages sur le conflit. Les tensions entre la RDC et le Rwanda voisin ont également augmenté après la publication en juin d'un rapport fuité des Nations unies qui a reproché à Kigali son assistance militaire aux rebelles. Le même mois, le ministre congolais de la Communication, Lambert Mende, a accusé un journal basé à Kinshasa de tribalisme et indéfiniment suspendu la publication pour un éditorial critique à l'égard des Congolais d'origine rwandaise. Bien que les risques fussent plus graves dans l'Est, le CPJ a aussi documenté plusieurs cas dans lesquels des autorités dans le Bas-Congo ont détenu et intimidé des journalistes.

14 février 2013 0h03 ET

Attaques contre la presse   |   Ouganda

Attaques contre la presse en 2012: Ouganda

La police a agressé et entravé le travail de nombreux journalistes couvrant des manifestations de l'opposition, suivant un schéma abusif mis en place lors de la campagne présidentielle de l'année dernière. Les responsables de la police ont affirmé à plusieurs reprises leur détermination à ouvrir une enquête sur ces attaques, mais finalement aucun policier n'a publiquement été incriminé. Plusieurs journalistes ont commencé à demander réparation devant les tribunaux, même si aucune affaire n'a été résolue à la fin de l'année. Le président Yoweri Museveni a promulgué la Loi de l'Ouganda sur les communications au mois de septembre. Cette mesure a visiblement fusionné deux organes de régulation, mais elle a également imposé de nouvelles dispositions floues que les organes de presse sont tenus de respecter, à savoir « la moralité publique » et les « normes de diffusion éthiques ». Les organisations de défense de la liberté de presse ont indiqué que la loi a également conféré au ministère de l'Information des pouvoir exorbitants pour modifier les licences d'exploitation de l'audiovisuel à volonté.

14 février 2013 0h03 ET

Attaques contre la presse   |   Éthiopie

Attaques contre la presse en 2012: Ethiopie

La mort du Premier ministre Meles Zenawi en août dans un hôpital belge a mis fin à une règne de 21 ans caractérisé par la répression des dissidents et le contrôle féroce de la presse indépendante. Sa maladie mortelle a été entourée d'un nuage de secret. Après la disparition de Meles de l'espace public en juin, le gouvernement a minimisé les rumeurs de sa maladie et interdit toute publication détaillée au niveau national sur son état de santé. Le gouvernement a également fait face aux manifestations des membres de la communauté musulmane, qui protestaient pour réclamer la fin de ce qu'ils ont appelé « l'ingérence de l'Etat dans les affaires musulmanes ». Les forces de sécurité ont violemment dispersé les rassemblements, réprimant violemment des journalistes qui ont couvert les événements, et forçant trois journaux proches de la communauté musulmane tà fermer. Le gouvernement a été condamné à l'échelle internationale suite aux condamnations de neuf journalistes éthiopiens sur des accusations vagues et politisées de terrorisme. Cinq des journalistes qui vivent en exil ont été jugés par contumace et condamnés à des peines allant de huit ans à la prison à vie. Le gouvernement a finalement libéré deux journalistes suédois qui ont été emprisonnés pendant 14 mois pour avoir fait des reportages sur les rebelles séparatistes de la province de l'Ogaden. A la fin de l'année, six journalistes croupissaient derrière les barreaux, y compris le chroniqueur et bloggeur Eskinder Nega, lauréat du prix Barbara Goldsmith pour la liberté d'écrire de l'organisation internationale des écrivains, le centre Pen America.

14 février 2013 0h03 ET

Attaques contre la presse   |   Érythrée

Attaques contre la presse en 2012: Erythrée

En 2012, le CPJ a identifié l'Érythrée comme le pays qui pratique le plus la censure dans le monde. Aucun organe de presse indépendant local n'a été autorisé à opérer dans ce pays depuis la répression généralisée du gouvernement contre les dissidents en septembre 2001. Le dernier journaliste étranger accrédité a été expulsé en 2007. Les médias d'État fonctionnaient sous le contrôle rigide du ministre de l'Information, Ali Abdu, qui utilisait l'intimidation et l'emprisonnement pour dicter le traitement de l'actualité. Ce pays de la Mer Rouge est le pays qui emprisonne le plus de journalistes sur le continent. Parmi les détenus, figure des journalistes indépendants et des directeurs de publication qui ont été arrêtés en masse dans le cadre de la répression de 2001. De nombreux journalistes des médias publics, qui ont violé en quelque sorte les mesures de contrôle strict du gouvernement, sont aussi en prison. Tous sont détenus sans inculpation dans des lieux secrets. Le gouvernement du président Isaias Afwerki a systématiquement refusé de divulguer le lieu de détention de ces journalistes, leur statut juridique, ou leur état de santé. Les autorités refusent même de confirmer les allégations selon lesquelles certains des journalistes sont morts en détention. Par peur pour leur sécurité, des journalistes de médias d'État fuient le pays en grand nombre. L'Érythrée est cinquième sur la liste des pays qui enregistrent le plus grand nombre de journalistes exilés dans le monde, selon des enquêtes du CPJ. En juillet, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a unanimement condamné «les violations généralisées et systématiques» en Érythrée et nommé un représentant pour enquêter de manière approfondie sur les violations, selon des médias.

14 février 2013 0h03 ET

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