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À Djibouti, un journaliste détenu sans droit

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Nairobi, le 15 août 2012--Les autorités de Djibouti doivent libérer immédiatement le journaliste d'un site d'informations en ligne proche de l'opposition qui est emprisonné pendant une semaine sans inculpation ni accès à un avocat ou à sa famille, a déclaré aujourd'hui le Comté pour la protection des journalistes (CPJ).

Deux policiers ont arrêté le 8 août courant le journaliste Houssein Ahmed Farah, collaborateur du site d'informations en ligne  La Voix de Djibouti basé en Europe, selon des médias. Trois jours plus tard, un juge a ordonné qu'il soit déféré à la prison de Gabode située à Djibouti, la capitale, selon des journalistes locaux. M. Houssein est diabétique, et les journalistes locaux pensent qu'on ne lui a pas accordé l'accès à un médecin pendant sa détention.

Selon des journalistes locaux, les autorités accusent M. Houssein de vente de cartes de membre du parti d'opposition, le Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD), à des Djiboutiens. En 2008, le président Ismail Omar Guelleh avait sommairement interdit le MRD, accusant le parti de soutenir l'Erythrée voisine dans un complot visant à envahir le pays, selon des médias. Le parti d'opposition a interjeté appel contre cette interdiction à la Cour suprême, selon des journalistes locaux.

D'autre part, ces derniers ont indiqué au CPJ qu'ils croient que l'accusation portée contre M. Houssein est un prétexte pour mettre un terme à ses reportages qui critiquent le pouvoir. En effet, M. Houssein a écrit pour La Voix de Djibouti des articles critiquant la détention continue de prisonniers politiques, les pénuries chroniques d'eau dans le pays, et la corruption dans la gestion de la circulation routière par le gouvernement, selon le rédacteur en chef de La Voix de Djibouti, Dahir Farah Ahmed, qui est par ailleurs le frère de M. Houssein et président du MRD.

Les appels répétés du CPJ lancés au porte-parole du gouvernement et au directeur de la communication à Djibouti sont restés lettre morte.

« Les autorités détiennent Houssein Ahmed sans droit, sur la base d'accusations qui semblent superflues et en représailles à ses reportages », a déclaré Tom Rhodes, consultant du CPJ pour l'Afrique de l'Est. « Nous tenons le gouvernement de Djibouti responsable du bien-être de M. Houssein et exigeons sa libération immédiate », a-t-il martelé.

Auparavant, la police avait harcelé M. Houssein pour son militantisme pour les droits de l'homme, selon des médias.

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