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Un journaliste togolais agressé lors d'une manifestation

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Abuja, Nigeria, le 6 juillet 2012--Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) condamne l'agression d'un journaliste togolais qui essayait de couvrir une manifestation lundi dernier et demande aux autorités d'ouvrir immédiatement une enquête et de traduire les auteurs de cette agression en justice.

Atayi Ayi, journaliste du quotidien Forum de la Semaine, prenait des photos d'une manifestation à Lomé, la capitale togolaise, lorsque deux groupes de manifestants non identifiés l'ont passé à tabac et confisqué son appareil-photo, a-t-il déclaré au CPJ. Ayi a dit qu'il portait un gilet qui l'identifiait comme journaliste. Le journaliste a également précisé au CPJ que l'agression lui a causé des blessures à l'œil droit, un nez ensanglanté et des contusions sur tout son corps. Il a été secouru par un policier et a rapporté l'incident à la police le même jour, a-t-il dit. Il a aussi déclaré que son appareil-photo a été récupéré par la police.

« Les journalistes ne devraient pas craindre pour leur sécurité simplement parce qu'ils couvrent une manifestation », a dit Mohamed Keita, coordonnateur du Plaidoyer pour l'Afrique du CPJ basé à New York. « Nous condamnons cette agression contre Atayi Ayi et demandons à la police togolaise de faire une enquête minutieuse sur cette affaire », a-t-il martelé.

Ayi couvrait une manifestation organisée devant un hôtel par des membres de la famille d'un officier de l'armée togolaise décédé, qui prétendaient que l'hôtel avait illégalement acquis le terrain appartenant à la famille, selon des médias. Des médias  ont déclaré que les manifestants ont été conduits à l'hôtel par un homme identifié sous le nom d'Amouzou Kossi, présenté comme un naturalisé américain et capitaine de l''armée des États-Unis d'Amérique. Cependant, les enquêtes du CPJ n'avaient pas pu déterminer si Kossi est en service actif.

Le frère de Kossi, Amouzou Kodjo, a déclaré au CPJ que Kossi n'a ni agressé le journaliste ni ordonné aucune agression. Kodjo n'a pas fourni les coordonnées de son frère.

Le colonel Dokisime Gnama Latta, ministre de la Sécurité du Togo, a dit au CPJ que des investigations étaient en cours ainsi qu'une enquête auprès de l'ambassade américaine. Les organisations locales de défense de la liberté de la presse ont également condamné cette agression.

Dans un courriel en réponse au CPJ, Brenda Soya, chargé des Affaires publiques à l'ambassade des États-Unis d'Amérique à Lomé, a dit que « l'ambassade américaine ne peut pas faire de commentaires sur le statut de citoyens privés ».

  • Pour une analyse plus approfondie et des données sur le Togo, veuillez consulter ici la page du Togo sur le site web du CPJ.
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