New York, le
22 avril 2010—Le
Comité pour la protection des journalistes (CPJ) est indigné par la mort ce
jeudi du journaliste Germain Ngota Ngota, dont la santé s'est détériorée pendant son incarcération au Cameroun. Le certificat de décès de M. Ngota,
directeur de publication de l’hebdomadaire privé Cameroun Express, a déterminé que le journaliste est mort d'un
manque de soins médicaux dans la prison de Kondengui sise à Yaoundé, la
capitale camerounaise, selon Hilaire Medjo et Fogno Fotso, respectivement directeurs de
publication des hebdomadaires Vision Nouvelle et Génération Libre.
M. Ngota était l'un des
trois journalistes emprisonnés depuis février dernier pour avoir enquêté sur des
allégations de corruption impliquant le ministre d’État
secrétaire général de la présidence du Cameroun et président du conseil
d’administration de
M. Ngota était détenu au quartier kosovo de la prison de Kondengui, où des
criminels endurcis sont emprisonnés, selon des journalistes locaux. Les amis et
collègues du défunt journaliste qui lui ont rendu visite dimanche dernier ont
déclaré au CPJ qu'il s'était plaint de fatigue, de goutte et de douleurs
articulaires. M. Ngota souffrait également d’hypertension artérielle et d'une
hernie, ont-ils dit.
Les autorités camerounaises ont avisé la
famille de M. Ngota de son décès, mais n'ont jusqu’à présent fait aucun
commentaire public à ce sujet. Des agents de la cellule de communication de la
présidence camerounaise ont déclaré au CPJ qu’aucun des responsables n’était
disponible pour faire un commentaire. Une assistante du ministre camerounais de
la communication, Issa
Tchiroma Bakary, a même dit au CPJ que le ministre ne répondrait
qu’à une demande écrite aux fins de commentaires, ce que le CPJ a envoyé
aujourd'hui.
« Les autorités camerounaises n'ont pas fourni à M. Ngota un
traitement médical approprié, malgré les demandes répétées de sa famille et ses
collègues », a déclaré le directeur de la section Afrique du CPJ,
Nestor Nga Etoga, directeur de publication d’un
journal camerounais, qui connaissait M. Ngota depuis
M. Ngota
est le premier journaliste camerounais ayant perdu la vie en raison de son
travail d’investigation, selon des recherches du CPJ qui remontent à 1992. Il est décédé à l’âge de 38 ans, laissant une femme et deux enfants
endeuillés.

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