Ces dernières semaines, des organes de presse ont soulevé des interrogations sur le contenu d’une note confidentielle datée de juin 2008 de Laurent Esso, ministre d'État et secrétaire général de la présidence du Cameroun et président du conseil d’administration de la société nationale des hydrocarbures (SNH), adressée à Adolphe Moudiki, l’administrateur directeur général de la SNH, selon des journalistes locaux. La note ordonnait à M. Moudiki de décaisser un montant total de 1,3 milliards de francs CFA en «commissions» au profit de trois personnalités qui auraient facilité l'achat d’un yacht pour la SNH. Selon des médias, le bateau, dont le type et le coût n'ont pas été immédiatement déterminés, aurait été acheté dans l'intention de divertir de potentiels investisseurs. M. Nko'o faisait des investigations sur ledit document mais n'avait pas encore écrit d’article à ce sujet, d'après Joseph Olinga, rédacteur en chef de Bebela.
«Nous sommes alarmés par les arrestations
arbitraires de Simon
Hervé Nko’o et de Serge Sabouang. Ces arrestations semblent se
traduire comme une tentative d’intimidation des journalistes afin qu’ils
révèlent leurs sources confidentielles », a déclaré le directeur de la
section Afrique du CPJ, Tom Rhodes. « Nous appelons les autorités camerounaises
à les libérer immédiatement », a-t-il martelé.
Les agents de la DGRE avaient également interpellé deux directeurs de publication vendredi dernier : Harrys Robert Mintya du journal Le Devoir et Bibi Ngota de Cameroon Express, selon des médias. Les agents ont saisi des documents du domicile de M. Mintya qui avait adressé un protocole d’interview à MM. Esso et Moudiki en vue d’un article, selon les mêmes sources. M. Mintya a été libéré après 14 heures de détention et M. Ngota reste en cachette depuis sa propre libération.
MM. Nko'o et Sabouang sont parmi plusieurs journalistes arrêtés sans mandat par les services de sécurité camerounais ces derniers mois. Il convient de rappeler que Jean Bosco Talla, directeur de publication de l’hebdomadaire Germinal, a aussi été saisi sans mandat d’amener en décembre 2009 à la suite d’un article qu’un magistrat a par la suite jugé comme « insulte au président camerounais », Paul Biya.

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