Les trois
journalistes
Ces
menaces sont survenues juste deux semaines après l'assassinat, du journaliste Bruno
Koko Chirambiza. Ce dernier était le troisième
reporter de radio tué dans cette ville instable au bord du lac Kivu durant les 27 derniers mois, selon des
recherches du CPJ.
Dans
un entretien avec le CPJ, Adzuba a déclaré avoir reçu pas moins de quatre
appels téléphoniques menaçants. La personne qui l’a appelé semblait surveiller
ses faits et gestes dimanche dernier en appelant d’un numéro masqué, a-t-elle
précisé. Jeudi dernier, elle a pris un autre appel venant d’un numéro local. Son
interlocuteur n'aurait rien
dit, mais aurait mis l’écouteur à cote d’un poste de radio pour lui faire entendre
la diffusion radiophonique en direct de sa station. Selon Jacqueline Chenard,
chef d’antenne de Radio Okapi à Bukavu, un lien entre les menaces et un
quelconque reportage n’a pas été établi.
Dans un entretien
avec le CPJ ce jeudi, le colonel Christian Shadiki Shamavu, inspecteur de
police à Bukavu, avait déclaré qu'il n’était pas au courant de ces menaces mais
qu’il prendrait contact avec les journalistes. Interrogé sur les difficultés
rencontrées par la police, il a cité la prolifération de bandes armées opérant
de nuit, et le mauvais éclairage des rues parmi d’autres problèmes. Lors et déjà, l'Association des femmes des médias (AFEM)
du Sud-Kivu, l’Union nationale de la presse congolaise, et le Réseau des
radios et télévisions communautaires de L'Est du Congo vont déposer une plainte
contre X dès Samedi, selon les journalistes
sur place.
« Bukavu
est devenue l'une des villes les plus mortelles pour les journalistes en
Afrique », a déclaré le directeur de la section Afrique du CPJ,
Mme Kamuntu,
présidente d’AFEM, est productrice d’une émission hebdomadaire intitulée « Ni
Sheria Dawa » («La justice est le remède » en swahili), qui est diffusée sur 35
stations à l'est de la RDC. Cette émission traite des questions de violence
sexuelle depuis juin dernier, a-t-elle souligné, tout en niant avoir reçu des
menaces depuis son lancement en 2005.
« Les
journalistes de Radio Okapi, à l'instar d'autres journalistes à Bukavu, ne se
sentent pas en sécurité en raison de l'insécurité persistante. Ce ne sont pas
seulement les journalistes, mais aussi les défenseurs des droits humains qui
sont visés », a déclaré Jacqueline Chenard.

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