« Il est scandaleux qu'une chaîne de télévision soit
censurée pour avoir rapporté au peuple congolais un épisode de sa propre
histoire », a déclaré le directeur adjoint du CPJ, Robert Mahoney. « Nous
appelons les autorités de Brazzaville à laisser immédiatement CB Plus reprendre
l'antenne et à permettre aux médias de couvrir toutes les parties prenantes
pendant la période menant aux élections
présidentielles de juillet prochain », a-t-il ajouté.
Selon des journalistes locaux, la Conférence
nationale de 1991 demeure une question sensible pour
l'administration du président Sassou-Nguesso
et il est rare que des médias diffusent des extraits de celle-ci.
L'émission de CB Plus a été diffusée durant une période de tensions politiques
croissantes, les dirigeants de l'opposition faisant campagne pour une autre concertation avec
le gouvernement en prélude des élections, ont souligné les journalistes. CB
Plus a été aussi la seule station à faire une large couverture sur
l'investiture du principal candidat présidentiel de l'opposition, Mathias
Dzon.
La veille de la suspension, Elith Ibourefet et Aimé
Onlaby, respectivement directeur général et directeur des programmes de CB
Plus, ont été convoqués par la Direction de la surveillance du territoire (DST)
du Congo, selon des journalistes locaux. Dans un entretien avec le CPJ, le
colonel Bayi Dikila de la DST a confirmé cette convocation, mais il a refusé de
faire davantage de commentaires.
M. Ibourefet et M. Onlaby ont déclaré que les agents
de la DST les ont interrogés sur le motif de la rediffusion de la conférence
nationale de 1991, et sur leurs liens avec les politiciens de l'opposition. M.
Onlaby a souligné que les extraits ne contenaient pas de déclarations violentes et
injurieuses, ajoutant que les images provenaient d'un reportage
de la télévision d'État.
M. Ibourefet a quant à lui déclaré que la station n'a
reçu aucune notification écrite au sujet de la suspension, ce qui semble violer
la procédure légale en vertu de la loi sur la presse au Congo, selon Bernard
Mackiza, le président de l'Observatoire congolais des médias. Avant de suspendre
un quelconque média, il est nécessaire de procéder à des auditions formelles
ainsi qu'à une notification écrite, a-t-il dit.
Par ailleurs, M. Banaganzala a dit au CPJ que CB Plus opérait seulement avec une autorisation provisoire d'essai. le CSLC examinera la levée de la suspension de la station dès réception d'un dossier conforme au cahier des charges de cette dernière d'ici fin avril courant, a-t-il dit. A cet effet, M. Ibourefet dit que CB Plus a déposé sa demande depuis plus d'un an.
Il convient de rappeler qu'en 2008, le CSLC avait
suspendu le bimensuel privé Talassa pour deux mois sur la base d'un
éditorial daté le 23 novembre
de cette même année qui était critique
à l'égard du président Sassou-Nguesso.

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