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Au Sénégal, des journalistes reçoivent une peine de prison avec sursis et une amende lourde

New York, le 15 mars 2007—Une cour de Dakar a condamné deux journalistes à une peine de prison avec sursis ainsi que des dommages et intérêts lourds après une poursuite pénale pour diffamation en relation avec un article de juin 2006 à propos d’une plainte commerciale contre un concessionnaire de voitures, ont dit les informations et les journalistes de la région.

Le directeur de publication Jean Meïssa Diop et le journaliste Faydy Dramé du Walf Grand-Place, un quotidien du groupe de médias indépendant de premier rang Wal Fadjri, ont été chacun condamnés, le 8 mars, à 6 mois de prison avec sursis et à 10 millions de francs CFA (21 000 dollars) de dommages et intérêts, a confié au CPJ l’avocat de la défense Me Ndéné Ndiaye. Ils sont libres, en attente d’un appel interjeté en leur faveur, a-t-il dit.

Le jugement découle d’une plainte déposée par Matforce, un concessionnaire de voitures Hyundai, à la suite de deux articles relatant un litige entre un chef d’entreprise et Matforce au sujet de véhicules soit disant défectueux, a dit Diop au CPJ. Les articles de l’édition du 10-11 juin 2006, respectivement intitulés « Se sentant escroqué dans une vente de véhicules, le groupe Technobase/Alcom va traîner Matforce en justice (...) » et « Réplique aux plaignants: Le concessionnaire crie au chantage et porte plainte (...) » ont été publiés sur la même page, selon des recherches du CPJ. Matforce a prétendu avoir subi des diffamations par les commentaires du chef d’entreprise, a dit Diop.

« Le CPJ demande à la cour d’appel à casser les condamnations pénales contre Jean Meïssa Diop et Faydy Dramé » a dit Joël Simon, le directeur exécutif du CPJ. « Nous demandons avec insistance que le président Abdoulaye Wade respecte son engagement d’abroger les peines de prison pour les délits de diffamation. Les journalistes ne devraient pas être emprisonnés pour ce qu’ils écrivent. »

« Comment pouvons-nous être accusés de diffamation quand, en accompagnement des déclarations du plaignant, nous avons également publié les répliques de trois représentants de la compagnie » a dit Diop au CPJ. Les journalistes ont demandé que Matforce défère les articles incriminés devant le Conseil pour le respect de l’éthique et de la déontologie, un organe disciplinaire, selon les dires de Alpha Sall, ancien secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal.

D’après les recherches du CPJ, malgré la promesse de Wade en 2004 de bannir les peines de prison pour les délits de presse, les autorités ont continué à condamner plusieurs journalistes sous une disposition du code pénal sénégalais.

Dans un cas de procès pour diffamation attendu, l’avocat présidentiel Ousmane Sèye devrait demander 500 millions de francs CFA (1 million de dollars) en dommages et intérêts à l’encontre du directeur de publication Mamadou Biaye et du journaliste Ndiaga Ndiaye du quotidien privé Le Quotidien à propos d’un article du 8 mars critique de Sèye, d’après le quotidien privé ’L’Observateur. Selon l’Agence France-Presse, Wade a été cité durant la campagne présidentielle du mois dernier, comme disant que son seul adversaire était « une partie de la presse ».



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