Un Aperçu
l'Afrique du Sud
l'Angola
le Botswana
le Burkina Faso
le Burundi
le Cameroun
la Côte-d'Ivoire
la Guinée- équatoriale
l'Erythrée
l'Ethiopie
le Gabon
la Gambie
le Ghana
la Guinée
la Guinée-Bissau
le Kenya
le Liberia
le Madagascar
le Malawi
le Mozambique
la Namibie
le Niger
le Nigeria
l'Ouganda
la République centrafricaine
la République démocratique du Congo
le Ruanda
le Sénégal
le Sierra Leone
la Somalie
la Tanzinie
le Tchad
le Togo
la Zambie
le Zimbabwe






L'OUGANDA

L’Ouganda est le seul pays africain où un journaliste a été tué en 2002. Jimmy Higenyi, un étudiant à l’école de journalisme privée United Media Consultants and Trainers, a été abattu par la police alors qu’il couvrait un rassemblement du parti de l’opposition, le Congrès populaire de l’Ouganda (Uganda People’s Congress), dans la capitale, Kampala, le 12 janvier. Les autorités avaient interdit la manifestation et la police qui tentait de disperser le rassemblement a tiré dans la foule et l’a tué sur le coup.

Malgré la mort de Higenyi, l’Ouganda a continué à avoir le nombre le plus important de stations de radio en activité et détenant une licence dans la région. Même si les 100 stations avec une licence n’émettaient pas toutes, celles qui étaient en activité repoussaient les limites de leur base urbaine à d’autres régions du pays. De nouvelles stations communautaires ont été créées en 2002, y compris une station axée sur les exploitants agricoles et qui met l’accent sur la météo et l’environnement.

Les débats radiophoniques, appelés ekimeeza (conversations à table), sont devenus des émissions régulières et extrêmement populaires de la radio FM. Le format est assez uniforme : les invités se réunissent dans un lieu public – généralement un pub ou un restaurant – et débattent d’un sujet sélectionné par l’animateur. Les auditeurs sont encouragés à participer soit en se rendant sur le plateau ou en téléphonant. En décembre, le Ministre de l’information, Basoga Nsadhu, a déclaré les ekimeeza illégaux et a annoncé que les licences de radiodiffusion ne s’appliquaient pas aux bars. Les stations de radio ont ignoré l’interdiction et ont menacé l’Etat d’un procès.

La pornographie est restée une source d’inquiétude dans tout le pays, les Ougandais et les membres du Parlement déplorant sa facilité d’accès aux mineurs. Les autorités ont interrogé deux rédacteurs en chef et le directeur de vente d’au moins une revue, Bukedde, pendant près de cinq heures à propos de la publication de photos « semi-dénudées » de candidates à un concours de beauté. Il n’y a pas eu d’accusation mais le Code pénal de l’Ouganda interdit le « trafic d’obscénités ».

Les retombées de l’élection présidentielle de 2001 du pays ont eu des conséquences plus graves pour les médias. Après avoir de peu battu le Président Yoweri Museveni dans un scrutin amèrement contesté, le Colonel Kiiza Besigye a fui le pays en disant qu’il craignait pour ses jours. De son exil auto-imposé aux Etats-Unis, Besigye est régulièrement intervenu dans les débats radiophoniques les plus populaires d’Ouganda au cours desquels il a accusé à plusieurs reprises le gouvernement de Museveni de corruption et de fraude électorale. Pendant un entretien notable avec la Voix de l’Afrique le 17 août, Besigye a menacé d’avoir recours à des méthodes « non traditionnelles » si ses efforts pour organiser de nouvelles élections par des moyens constitutionnels n’étaient pas couronnés de succès.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre. le 16 septembre, un représentant du non-parti de Museveni (tous les partis politiques sont interdits en Ouganda), le Mouvement national de résistance, Ofwono Opondo, a mis en garde les stations de radio qui diffuseraient d’autres interviews avec Besigye et les ont menacées de poursuites judiciaires conformément à la nouvelle Loi anti-terroriste de 2002 qui a été adoptée en mai. Cette loi, qui autorise le Cabinet à qualifier une organisation de terroriste, a explicitement inclus dans cette catégorie les groupes rebelles. « Besigye a par inadvertance déclaré la guerre au gouvernement » , a annoncé Opondo qui a ajouté que quiconque aiderait Besigye à « faire sa propagande... serait soupçonné de complicité pour terrorisme et serait visé par la loi anti-terrorisme ». Ceux qui seront accusés d’avoir violé la loi risquent 10 ans de prison ou la mort par pendaison.

Le 10 octobre, des officiers de police ont fait une descente dans le plus grand quotidien indépendant du pays, The Monitor, ont malmené les employés, saisi l’équipement puis fermé la publication pendant une semaine. Ce raid avait été causé par un article sur un hélicoptère de l’armée qui s’était soit-disant écrasé dans le Nord de l’Ouganda. Le porte-parole de l’armée, le Commandant Shaban Bantariza, a nié le rapport et le Ministre de l’information Basoga Nsadhu a accusé le journal d’encourager les crimes par les groupes rebelles.

Bien que fermé, le journal a continué de paraître en ligne. Le 17 octobre, la version imprimée a à nouveau paru avec une excuse des autorités en première page. Le même jour, Nsadhu a averti les médias qu’ils devaient faire preuve de prudence sur les questions de sécurité nationale. Peu de temps après, le groupe Kenyan Nation Newspaper, qui détient une part majoritaire dans The Monitor, a annoncé son projet de renforcer les procédures d’enquête et de recherche du journal.