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LA TANZANIE
Comme beaucoup de ses voisins est-africains, la Tanzanie a été
débordée par la prolifération de tabloïdes
pornographiques. Depuis 1992, lorsque le multipartisme a favorisé
la libéralisation des médias, le nombre de journaux
privés a régulièrement progressé pour
atteindre le chiffre de 400.
Nombre de ces publications sont ce que l’on appelle des revues
de loisirs qui repoussent constamment les limites de l’acceptable
dans cette république conservatrice. En 2002, des articles
anecdotiques émaillés de sous-entendus de nature sexuelle
ont irrité les autorités et le public, incitant le
bureau du Premier Ministre a publier une annonce de quatre pages
dans laquelle il menace de procès toute publication qui viole
la « déontologie de la profession.»
Les publications, qui sont parfois vendues pour quelques sous à
la sortie des écoles, ont divisé la communauté
des médias. Assaillies par les autorités qui les accusent
d’extorsion, de chantage et de corruption, le reste de la
presse continue de se distancer des « pornographes ».
En 2002, les autorités ont fermé neuf publications
à cause de leur contenu pornographique.
Mais la colère des autorités n’a pas épargné
le reste de la presse. L’affaire la plus controversée
concerne George Maziku, correspondant du quotidien en langue kiswahili
Mwananchi, qui a été accusé « d’outrage
au Parlement » pour un article daté du 7 avril dans
lequel il allègue que certaines réformes proposées
par la législature favorisaient le parti dirigeant, Chama
Cha Mapinduzi. Maziku a également critiqué les législateurs
pour un projet de loi qui les autoriseraient à « recevoir
» leurs électeurs et a avancé que cette législation
encouragerait la corruption. La police a détenu et interrogé
Maziku et l’a relâché quelques heures plus tard
sans accusation. Il a néanmoins été menacé
de poursuites ultérieures.
Parallèlement, le Conseil des médias de Tanzanie composé
d’universitaires, d’hommes d’affaires et de personnalités
éminentes choisis par les journalistes continue d’assurer
la médiation entre la presse et le public. En 2002, le conseil
a demandé l’abrogation de plusieurs lois qui limitent
la liberté de la presse, y compris la Loi sur la sécurité
nationale, qui donne essentiellement aux autorités un pouvoir
absolu pour décider quelles sont les informations qui peuvent
être divulguées au public de même que la Loi
sur les services de radiodiffusion de 1993 qui donne au gouvernement
le pouvoir de réglementer les médias.
Le conseil a été particulièrement direct sur
l’affaire Maziku. En juillet, le responsables d’état
pour les affaires juridiques des actions en justice a déclaré
qu’il avait « reçu des instructions du Parlement
d’intenter un procès » à Maziku et qu’il
avait transféré le dossier au directeur des enquêtes
criminelles. En réponse, le conseil, conjointement à
d’autres défenseurs de la liberté d’expression,
ont déposé des plaintes qui ont eu pour effet de bloquer
le procès de Maziku à la fin de l’année.
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