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LA SOMALIE
Depuis que le Général de division Mohammed Siad Barre
a été renversé en 1991 par des forces loyales
au chef de guerre Mohammed Farah Aideed, les rivalités historiques
entres clans locaux ont menacé l'unité du pays, autrefois
connu pour sa démocratie multipartite alors que la plupart
des autres pays africains étaient contrôlés
par des juntes militaires et des despotes civils. Dans ce chaos,
les médias qui sous Siad Barre avaient inclus des journaux
d’opposition et indépendants, se sont rapidement effrités
en plusieurs petites circulaires publiées par les clans et
des stations de radio de faible portée. Le journalisme indépendant
a quasiment disparu.
Mais à la fin de 2000, lorsque Abdikassim Salad Hassan a
été élu Président d’un gouvernement
union nationale de transition, le journalisme indépendant
a commencé à renaître en Somalie à commencer
par des stations de radio telles que HornAfrik, qui a été
louée à l'étranger pour son équité
et son objectivité relatives dans la couverture d'une situation
politique embrouillée.
Mais ce nouvel ordre ténu est encorre en proie à des
difficultés car différents chefs de clans contestent
de plus en plus de l'administration du Président Hassan.
Les résultats décevants d’une autre série
de négociations en octobre -- la 14e tentative de paix depuis
1991 -- ont illustré la gravité des soupçons
qui règnent entre les clans rivaux de la Somalie. Pendant
ce temps, les journalistes somaliens ont fait l’objet d’une
hostilité croissante de la part des chefs politiques, religieux
et tribaux dans les quatre régions auto-proclamées
indépendantes et autonomes du pays. De surcroît, les
États-Unis ont réclamé la fermeture de la société
de banque et de télécommunications Al-Barakaat en
novembre 2001 dont les liens terroristes auraient réduit
les capacités de communication des médias.
Le 12 février, des hommes armés non identifiés
ont attaqué Radio Mogadishu–Voice of the Somali Republic
qui est exploitée par le gouvernement provisoire national
(National Transitional Government – TNG) dont l'autorité
est limitée à la capitale, Mogadishu. Les attaquants,
armés de fusils d’assaut et de grenades lance-roquettes,
ont pris un émetteur et des mélangeurs audio, ce qui
a réduit la station au silence. Bien que la radio ait récemment
repris ses émissions, cette attaque a porté un coup
sévère au TNG, dont les pouvoirs vacillants avaient
déjà été ébranlés au début
du mois d’avril lorsque le gouvernement régional du
Sud-Ouest appuyé par l’Ethiopie a déclaré
son indépendance. Ce gouvernement, basé dans la ville
de Baidoa, contrôle une large bande de territoire et a déjà
bénéficié du soutien du Conseil somalien de
la réconciliation et de la restauration, une coalition de
chefs locaux opposés au TNG.
En mai, les autorités de la région du Nord-Est autonome
de Puntland ont suspendu la licence de radiodiffusion d’une
station de relais pour la Somali Broadcasting Corporation (SBC)
privée basée dans la capitale commerciale de Puntland,
Bosaso. La suspension a également affecté le service
de la BBC en langue somalie qui est relayée localement par
la SBC. En août, les autorités de Puntland ont interdit
aux correspondants locaux de faire des reportages pour le service
somali de la BBC. Les dirigeants régionaux ont justifié
ces interdictions en alléguant les préjugés
et la partialité des journalistes.
En juin, les autorités civiles et les chefs de clan de la
république nord-ouest auto-déclarée de Somaliland,
qui a désigné un nouveau président au mois
de mai, ont interdit la création de stations de radio privées
dans la région qui n’a pas encore adopté de
réglementations de radiodiffusion.
Le 30 septembre, le Parlement a adopté un projet de loi parrainé
par le TNG qui interdit la publication de matériel qui sape
l’islam, l’unité nationale, le système
politique ou « l’intérêt commun de tous
les Somaliens »; il interdit aussi les critiques des représentants
de l’Etat ou la divulgation des secrets du gouvernement. Indignés,
les journalistes de Mogadishu dont les médias étaient
assez actifs malgré des années de conflit, ont juré
de riposter et de passer sous silence toutes les informations concernant
le TNG et le Parlement jusqu’au retrait de la législation.
Les sites web exploités par la Somalie en dehors du pays
ont entamé une grève pour témoigner leur solidarité.
Le 2 octobre, les deux stations de télévision de Mogadishu,
six quotidiens et six des sept stations de radio locales ont suspendu
leurs opérations en signe de protestation. Ce même
jour, le Président Hassan a refusé de signer le projet
de loi. Le Ministre de l’information Abdirahman Ibbi a déclaré
que le Président avait créé un comité
de juristes, de journalistes et de fonctionnaires haut-placés
pour se pencher sur les griefs des journalistes et a demandé
que leurs amendements soient incorporés dans le projet de
loi. A la fin de l’année, la mesure faisait l’objet
d’une nouvelle rédaction.
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