Un Aperçu
l'Afrique du Sud
l'Angola
le Botswana
le Burkina Faso
le Burundi
le Cameroun
la Côte-d'Ivoire
la Guinée- équatoriale
l'Erythrée
l'Ethiopie
le Gabon
la Gambie
le Ghana
la Guinée
la Guinée-Bissau
le Kenya
le Liberia
le Madagascar
le Malawi
le Mozambique
la Namibie
le Niger
le Nigeria
l'Ouganda
la République centrafricaine
la République démocratique du Congo
le Ruanda
le Sénégal
le Sierra Leone
la Somalie
la Tanzinie
le Tchad
le Togo
la Zambie
le Zimbabwe






LA SOMALIE

Depuis que le Général de division Mohammed Siad Barre a été renversé en 1991 par des forces loyales au chef de guerre Mohammed Farah Aideed, les rivalités historiques entres clans locaux ont menacé l'unité du pays, autrefois connu pour sa démocratie multipartite alors que la plupart des autres pays africains étaient contrôlés par des juntes militaires et des despotes civils. Dans ce chaos, les médias qui sous Siad Barre avaient inclus des journaux d’opposition et indépendants, se sont rapidement effrités en plusieurs petites circulaires publiées par les clans et des stations de radio de faible portée. Le journalisme indépendant a quasiment disparu.

Mais à la fin de 2000, lorsque Abdikassim Salad Hassan a été élu Président d’un gouvernement union nationale de transition, le journalisme indépendant a commencé à renaître en Somalie à commencer par des stations de radio telles que HornAfrik, qui a été louée à l'étranger pour son équité et son objectivité relatives dans la couverture d'une situation politique embrouillée.

Mais ce nouvel ordre ténu est encorre en proie à des difficultés car différents chefs de clans contestent de plus en plus de l'administration du Président Hassan. Les résultats décevants d’une autre série de négociations en octobre -- la 14e tentative de paix depuis 1991 -- ont illustré la gravité des soupçons qui règnent entre les clans rivaux de la Somalie. Pendant ce temps, les journalistes somaliens ont fait l’objet d’une hostilité croissante de la part des chefs politiques, religieux et tribaux dans les quatre régions auto-proclamées indépendantes et autonomes du pays. De surcroît, les États-Unis ont réclamé la fermeture de la société de banque et de télécommunications Al-Barakaat en novembre 2001 dont les liens terroristes auraient réduit les capacités de communication des médias.

Le 12 février, des hommes armés non identifiés ont attaqué Radio Mogadishu–Voice of the Somali Republic qui est exploitée par le gouvernement provisoire national (National Transitional Government – TNG) dont l'autorité est limitée à la capitale, Mogadishu. Les attaquants, armés de fusils d’assaut et de grenades lance-roquettes, ont pris un émetteur et des mélangeurs audio, ce qui a réduit la station au silence. Bien que la radio ait récemment repris ses émissions, cette attaque a porté un coup sévère au TNG, dont les pouvoirs vacillants avaient déjà été ébranlés au début du mois d’avril lorsque le gouvernement régional du Sud-Ouest appuyé par l’Ethiopie a déclaré son indépendance. Ce gouvernement, basé dans la ville de Baidoa, contrôle une large bande de territoire et a déjà bénéficié du soutien du Conseil somalien de la réconciliation et de la restauration, une coalition de chefs locaux opposés au TNG.

En mai, les autorités de la région du Nord-Est autonome de Puntland ont suspendu la licence de radiodiffusion d’une station de relais pour la Somali Broadcasting Corporation (SBC) privée basée dans la capitale commerciale de Puntland, Bosaso. La suspension a également affecté le service de la BBC en langue somalie qui est relayée localement par la SBC. En août, les autorités de Puntland ont interdit aux correspondants locaux de faire des reportages pour le service somali de la BBC. Les dirigeants régionaux ont justifié ces interdictions en alléguant les préjugés et la partialité des journalistes.

En juin, les autorités civiles et les chefs de clan de la république nord-ouest auto-déclarée de Somaliland, qui a désigné un nouveau président au mois de mai, ont interdit la création de stations de radio privées dans la région qui n’a pas encore adopté de réglementations de radiodiffusion.

Le 30 septembre, le Parlement a adopté un projet de loi parrainé par le TNG qui interdit la publication de matériel qui sape l’islam, l’unité nationale, le système politique ou « l’intérêt commun de tous les Somaliens »; il interdit aussi les critiques des représentants de l’Etat ou la divulgation des secrets du gouvernement. Indignés, les journalistes de Mogadishu dont les médias étaient assez actifs malgré des années de conflit, ont juré de riposter et de passer sous silence toutes les informations concernant le TNG et le Parlement jusqu’au retrait de la législation. Les sites web exploités par la Somalie en dehors du pays ont entamé une grève pour témoigner leur solidarité.

Le 2 octobre, les deux stations de télévision de Mogadishu, six quotidiens et six des sept stations de radio locales ont suspendu leurs opérations en signe de protestation. Ce même jour, le Président Hassan a refusé de signer le projet de loi. Le Ministre de l’information Abdirahman Ibbi a déclaré que le Président avait créé un comité de juristes, de journalistes et de fonctionnaires haut-placés pour se pencher sur les griefs des journalistes et a demandé que leurs amendements soient incorporés dans le projet de loi. A la fin de l’année, la mesure faisait l’objet d’une nouvelle rédaction.