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MADAGASCAR

Le 25 janvier, la Haute Cour constitutionnelle de Madagascar a décidé qu’un scrutin de ballottage « dans les trente jours à venir » résoudrait l’élection présidentielle contestée de décembre 2001 entre le leader de longue date, Didier Ratsiraka, et Marc Ravalomanana, le maire de la capitale, Antananarivo. Malgré la décision de la Haute Cour, les deux hommes de sont déclarés président et ont présenté les membres de leur équipe à la population appauvrie qu’ils ont encouragée à descendre dans la rue pour appuyer leur gouvernements respectifs.

Pris entre deux feux, les journalistes ont fait les frais de cette situation politique inhabituelle, les partisans de chaque parti attaquant les organes de presse soupçonnés de favoritisme éditorial à l’égard de l’autre. Le 2 février, le Ministre de l’information du gouvernment Ratsiraka a confisqué l’équipement de diffusion de la station de radio privée FM 91 qui appartient à un partisan de Ravalomanana basé sur l’île de Nosy Be, au nord du pays. Dix-huit jours plus tard, des lycéens pro-Ravalomanana ont saccagé les bureaux de la Mania Radio-Television d’Amoron’i, qui appartient au Premier Ministre de Ratsiraka.

Vers mi-février, le pays était divisé, l’économie à vau-l’eau et de sérieuses divergences se faisaient jour au sein de l’armée, poussant la nation insulaire au bord de la guerre civile. Les journalistes individuels qui s’efforçaient de présenter les événements de manière équitable étaient alors accusés de sectarisme. Dans la ville du Nord de Diego Suarez par exemple, les partisans des deux prétendants présidentiels ont publiquement menacé de tuer le journaliste Narcisse Randriamirado, le correspondant du quotidien privé Madagascar Tribune.

Les menaces et attaques violentes contre les médias se sont poursuivies tout au long de février, mars et avril et ont forcé de nombreux reporters à se cacher. Le 25 février, la station de radio et de télévision malgache a diffusé un communiqué annonçant que ses stations n’étaient plus en mesure d’émettre parce que certains partisans de Ratsiraka avaient saisi ses équipements, y compris les émetteurs, et les avaient transférés vers un lieu inconnu. Le 8 avril, la radio-télévision Analamanga a annoncé qu’elle annulait également ses bulletins d’informations à cause de menaces téléphoniques répétées.

A la fin du mois d’avril, la Haute Cour constitutionnelle a annoncé que Ravalomanana avait remporté le ballottage -- 51 pour cent contre 36 pour cent pour Ratsiraka – et a déclaré Ravalomanana le nouveau Président du pays. Ratsiraka s’est alors enfui vers France. Malgré des menaces de sécession de la part des gouverneurs de province sur la édéfensive et des éléments irréductibles de l’Association pour la renaissance de Madagascar de Ratsiraka, la situation politique est progressivement revenue à la normale et aucune attaque nouvelle sur les employés des médias ou les organes de presse n’a été enregistrée de mai jusqu’à la fin de 2002. Le 15 décembre, le Parti du Président Président Ravalomanana, Tiako I Madagasikara (J’aime Madagascar), a remporté plus de la moitié des 160 sièges de l’Assemblée lors d’élections législatives pacifiques auxquelles ont participé 1.300 candidats de 40 partis politiques.