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LE LIBERIA

En 2002, le Président Charles Taylor a constamment invoqué la guerre contre le groupe rebelles connu sous le nom de Libériens Unis pour la Réconciliation et la Démocratie (Liberians United for Reconciliation and Democracy -- LURD) pour réprimer les reportages critiques. Le 8 février, il a déclaré l’état d’urgence qui a élargi le pouvoir des autorités à restreindre la liberté de la presse.

Le 24 juin, Hassan Bility, rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant The Analyst, a été arrêté et accusé de collaborer avec les LURD. En juillet, Bility a été déclaré « combattant illégal » et le 24 octobre, un tribunal militaire de cinq membres a recommandé qu’il soit considéré comme « prisonnier de guerre ». En dépit de plusieurs décisions du tribunal sommant les autorités de présenter le journaliste devant le tribunal, Bility n’a pas été relâché avant le début du mois de décembre quand les autorités libériennes l’ont remis à l’Ambassade des Etats-Unis dans la capitale, Monrovia. Il a quitté le pays peu de temps après vers une destination inconnue.

Les autorités insistent sur le fait que l’arrestation de Bility n’était pas liée à son travail, mais les recherches du CPJ montrent que les autorités libériennes ont constamment harcelé The Analyst et ses journalistes. Quatre jours après que les autorités ont déclaré l’état d’urgence, la police de Monrovia a suspendu le journal. Les autorités ont arrêté l’éditeur et le rédacteur en chef, Stanley Seakor, de même que les reporters James Lloyd et Ellis Togba, pour avoir publié une série d’articles critiquant l’état d’urgence.

Dans une déclaration faite le même jour, le Ministre de l’information a annoncé que quiconque formulait des commentaires sur l’état d’urgence sans approbation des autorités serait « traité » conformément aux lois sur l’état d’urgence. Le journaliste a été relaxé le jour suivant et le journal a pu reprendre sa publication. Mais The Analyst a été à nouveau fermé en avril lorsque les autorités ont ordonné la suspension « sine die » de sa publication et la police a saccagé ses bureaux.

Taylor a eu recours à d’autres méthodes pour empêcher le bond déroulement des activités dela presse. Il détient d’ailleurs 50 pour cent du capital de la seule imprimerie du pays, la Sabannoh Printing Press, et les journaux qui utilisent la société se sont plaints de la censure, selon le Syndicat de la presse du Libéria.

Le Libéria a un taux d’analphabétisme estimé à 75 pour cent et la radio est donc la principale source de nouvelles du pays; l’ingérence de l’Etat dans ce médium a un impact très marqué sur l’accès des Libériens à l’information. En 2000, le Président Taylor a interdit la radio privée Star Radio et a révoqué la licence de diffusion en ondes courtes de la station de radio de l’Eglise catholique Radio Veritas in 2001 sous prétexte qu’elle diffusait des « reportages anti-gouvernementaux,» ce qui ne laisse plus que Kiss FM et Radio Liberia International, qui appartiennent toutes les deux au Président.

Les stations de radio privées locales continuent d’émettre mais elles diffusent essentiellement de la musique et des programmes religieux. Lors de son émission sur Kiss FM, « Questions au Président », Taylor a expliqué au début du mois d’octobre que « toute cette histoire de diffusion en ondes courtes n’est pas un droit mais un privilège ». Néanmoins, Taylor a soudainement rétabli la licence de Radio Veritas en février. En mai, Taylor a déclaré que son gouvernement veillerait à ce que le Liberia Broadcasting System, qui appartient à l’Etat, se voit attribuer une fréquence en ondes courtes avant les élections générales prévues pour le 14 octobre 2003.

Mais ces élections imminentes sont déjà la source de controverses. Au début de 2002, après que Taylor a menacé d’annuler le scrutin, le Syndicat de la presse du Libéria l’a durement critiqué de tenter de se maintenir illégalement au pouvoir. Plus tard dans l’année, le 3 mai, la police a interdit à Monrovia les manifestations commémorant la Journée mondiale de liberté de la presse.