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LA GUINÉE-BISSAU
A la suite d’une tentative présumée de coup
d’Etat à la fin de 2001, le Président Kumba
Yala et le gouvernement de son Parti de renouveau social minoritaire
(Social Renewal Party -- PRS) se sont efforcés de démontrer
à la communauté internationale qu’ils étaient
prêts à mettre en oeuvre des réformes démocratiques
et à rétablir la stabilité dans ce pays pauvre
de l’Afrique de l’Ouest. Mais la Guinée-Bissau
a replongé dans la crise et Yala a continué à
intervenir auprès du judiciaire et à réprimer
les groupes de la société civile et les médias.
A la fin du mois de mai, le gouvernement a annoncé qu’il
avait déjoué la troisième tentative de coup
d’Etat en moins de deux ans. Yala a accusé la Gambie
voisine d’appuyer les insurgés et, à la mi-juin,
les autorités ont arrêté Joao de Barros, propriétaire
et éditeur du quotidien indépendant Correio da Guinea-Bissau
pour avoir déclaré au cours d’une émission
radio que les menaces de Yala « d’écraser »
l’armée gambienne étaient « pitoyables
». Nilson Mendonca, rédacteur en chef de la radio d’Etat
Radio Difusão Nacional, a été arrêté
quelques jours plus tard après que la station de radio a
annoncé que Yala allait s’excuser de son accusation
auprès des autorités gambiennes. Parallèlement,
l’opposition politique a affirmé que les menaces du
Président témoignaient de son instabilité mentale.
En décembre, les autorités ont interdit la diffusion
des programmes de la radio d’Etat portugaise Radiotelevisão
Portuguesa (RTP) après une émission sur le Général
Ansumane Mane qui a conduit une tentative de coup d’Etat contre
le régime de Yala en 2000. Les autorités ont prétendu
que la RTP avait diffusé « des informations qui pouvaient
ternir l’image positive de la Guinée-Bissau à
l’étranger et déclencher la colère dans
le pays.»
Bien que les Nations Unies aient à plusieurs reprises lancé
des appels à la réconciliation nationale et à
la bonne gouvernance, les autorités n’ont toléré
aucune critique des groupes de la société civile.
Au début du mois d’avril, le Ministre de la justice,
le Général Caetano Ntchama, a interdit à tous
les organes de presse de publier toute information émanant
de la Ligue guinéenne des droits de l’homme (Guinean
League of Human Rights -- LGDH), une organisation connue pour ses
critiques du parti de Yala. La LGDH, dont les représentants
ont été harcelés pendant 2002, a déclaré
que cette interdiction était destinée à imposer
le silence au groupe.
Les membres de l’opposition ont continué à se
plaindre des préjugés ethniques au sein du gouvernement.
Au début du mois d’août, Carlos Vamain, animateur
à la radio indépendante Radio Pidjiquiti, a été
convoqué dans le bureau du Ministre de la justice pour avoir
soit-disant formulé des commentaires « diffamatoires
» contre le Président. Pendant cette émission,
Vamain avait accusé Yama de « tribalisme » pour
avoir élevé plusieurs membres de son groupe ethnique
Balanta à d’importants postes civils et militaires.
Le journaliste s’est vu imposer une amende de 3 millions de
Francs CFA (4.500 dollars E.U.) pour avoir compromis « l’unité
nationale ».
Les médias privés et d’Etat ont souffert de
difficultés financières. En juin, les employés
de l’imprimerie nationale ont entamé une grève
de 15 jours et ont exigé 17 mois d’arriérés
de salaire ce qui a contraint tous les journaux du pays, qui dépendent
de l’imprimerie nationale, de cesser leur publication. Deux
mois plus tard, les employés de la télévision
nationale ont déclenché une grève de deux semaines,
exigeant cinq mois d’arriérés de salaire et
de meilleures conditions de travail.
Dans un geste destiné à apaiser les préoccupations
relatives aux droits de l’homme de la communauté internationale,
les autorités ont autorisé la Gazeta de Noticias et
le Diario de Bissau – deux hebdomadaires privés que
le Ministre de la justice avait interdits en 2001 – à
reprendre leur publication au début de 2002. Les autorités
n’en ont pas moins continué à exiger l’octroi
de licence et l’obligation d’enregistrement préalable,
ce qui en fait leur sert de prétexte pour harceler les autres
organes de presse et pour les menacer de fermeture.
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