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LE GABON
Le Président Omar Bongo a conservé sa ferme emprise
sur le pouvoir dans ce petit pays de l'Afrique de l'ouest. L’opposition
politique et autres groupes favorables à la démocratie
sont restés faibles, et les journalistes indépendants,
craignant de perdre leur emploi, ont édulcoré leurs
critiques à l’égard de Bongo qui pratique le
culte de la personnalité et s’appuie sur une corruption
généralisée pour consolider son régime.
Au début du mois de septembre, alors que les autorités
médicales locales et étrangères luttaient pour
éliminer une éruption du virus mortel Ebola, le Conseil
national des communications (CNC), institution d'Etat soi-disant
chargée de promouvoir la liberté de la presse et d'assurer
un journalisme de qualité, a poursuivi la répression
des médias privés lancée plus de 3 ans auparavant
avant les élections présidentielles.
Après avoir imposé le silence au quotidien le plus
virulent du pays -- l'hebdomadaire satirique Gris Gris et son homologue
La Griffe -- en 2001 pour avoir critiqué le Président,
le CNC s’en est pris à d'autres publications en 2002.
Le 6 septembre, le CNC a interdit les hebdomadaires Gabaon et Misamu
après que ces revues ont fait état de systèmes
allégués de détournement de fonds par les autorités.
Parallèlement, deux autres hebdomadaires privés, Le
Nganga et La Lowé, ont reçu des avertissements pour
avoir critiqué le Premier Ministre.
Le Parti démocratique au pouvoir contrôle toutes les
institutions de l'Etat, y compris le judiciaire, la police et les
forces armée, alors que les interdictions et avertissements
du CNC encouragent l'auto- censure dans les médias. Les quelques
reporters indépendants qui restent au Gabon, bien qu’indignés
dans le privé, craignent de s'exprimer publiquement à
propos de l'ingérence de l'Etat dans la presse.
En 2002, les censeurs de l'Etat ont également étouffé
les médias de la radiodiffusion. Le 18 février, le
présentateur Edgard-Oumar Nziembi-Doukaga de la station de
radio pan-africaine basée au Gabon, Africa No. 1, a été
licencié parce qu'il avait mal prononcé à l'antenne
le nom du Président Denis Sassou-Nguesso de la République
du Congo voisine. Sassou-Nguesso, qui est marié à
l’une des filles de Bongo, jouit de relations étroites
avec la première famille du Gabon et les représentants
de l'Etat gabonais.
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