Un Aperçu
l'Afrique du Sud
l'Angola
le Botswana
le Burkina Faso
le Burundi
le Cameroun
la Côte-d'Ivoire
la Guinée- équatoriale
l'Erythrée
l'Ethiopie
le Gabon
la Gambie
le Ghana
la Guinée
la Guinée-Bissau
le Kenya
le Liberia
le Madagascar
le Malawi
le Mozambique
la Namibie
le Niger
le Nigeria
l'Ouganda
la République centrafricaine
la République démocratique du Congo
le Ruanda
le Sénégal
le Sierra Leone
la Somalie
la Tanzinie
le Tchad
le Togo
la Zambie
le Zimbabwe






L'ETHIOPIE

Au début du mois de décembre, le Premier Ministre Meles Zenawi a surpris ses détracteurs en les invitant à une série de débats sur les politiques de l’Etat et l’avenir du pays. L’organisateur de cette rencontre sans précédent, une association indépendante connue sous le nom d’Inter Africa Group, a déclaré que le but était d'encourager « l'échange de vues entre le gouvernement et les autres parties prenantes » sur des sujets d’intérêt public. Les critiques du gouvernement, principalement le Front de libération Oromo (Oromo Liberation Front – OLF) rebelle, ont qualifié les débats de manipulation destinée à « restaurer l'image très détériorée » du parti dirigeant, le Front populaire révolutionnaire démocratique éthiopien (Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front -- EPRDF).

Les journalistes éthiopiens ne se sont pas moins félicités de l'ouverture soudaine de l’EPRDF et ont exprimé l’espoir qu'elle persiste. À la fin de l'année, seul un journaliste éthiopien, Tewodross Kassa, l'ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire éthiopien Ethiop qui paraît en langue amharique, était en prison pour son travail. Quatre autres journalistes détenus -- Tamirate Zuma, Lubaba Said, Melese Shine et Zegeye Haile -- ont été relaxés en 2002.

La presse d’Éthiopie reste néanmoins méfiant du gouvernement Zenawi. À la fin du mois de janvier, une délégation conjointe de l'Association éthiopienne des journalistes de la presse libre (Ethiopian Free Press Journalists Association -- EFJA) et de l'Institut des médias de l'Afrique australe, un groupe régional et non gouvernemental de défense de la liberté de la presse, ont défilé jusqu'au siège de l'Organisation de l'unité africaine, connue aujourd'hui sous le nom d’Union africaine (UA), dans la capitale de l'Éthiopie, Addis Ababa, en vue de remettre une pétition exhortant l’Union à faire pression sur les états membres pour mettre fin aux attaques à la liberté de la presse en Éthiopie et au Zimbabwe.

En juillet, une délégation du CPJ a effectué une mission d'enquête de cinq jours en Éthiopie qui a révélé que les autorités entendaient procéder à des changements, sans dire lesquels, à sa loi vieille de dix ans relative à la presse. Bien que le Ministre de l’information Bereket Simon ait affirmé au CPJ que la nouvelle loi serait propice à « un journalisme constructif et responsable », les journalistes ont répondu que les statuts se traduiraient par une répression et causeraient la faillite de nombreux organes de presse. Mais à la fin de l'année, les journalistes ont fait savoir que les autorités semblaient avoir renoncé au projet de loi.

Plus tôt dans l’année, les autorités ont publié un code d'éthique à l’intention des reporters, que l’EFJA a qualifié de recueil de « directives restrictives imposées aux [journalistes] par les dirigeants sous le couvert d'un code d'éthique professionnel ». Les autorités ont déclaré que le code était nécessaire parce que, disent-il, certains journaux indépendants sont financés par des groupes « terroristes » et des pays étrangers hostiles, à savoir l'OLF et l'Érythrée voisine. L'Éthiopie et l'Érythrée se sont opposées dans une guerre frontalière de 1998 à 2000, à la suite d’un conflit de trente ans qui a libéré l'Érythrée de l'Éthiopie en 1991.

La loi sur la radiodiffusion de l'Éthiopie a été adoptée en juin 1999 mais les autorités ont invoqué le manque de fonds et de personnel qualifié pour retarder la création de l'Agence de radiodiffusion éthiopienne, l'entité responsable de l'application des dispositions de la loi. Cet organe spécialisé indépendant, qui « assurera l'expansion d'un service de radiodiffusion de haute qualité, rapide et fiable et qui sera susceptible de contribuer au développement politique, social et économique » du pays, a finalement ouvert ses portes en juillet et recueilli une longue liste de candidatures, notamment la BBC, et la Société de radiodiffusion d’Addis locale (Addis Broadcasting Company -- ABC), dirigée par l'éminent économiste et activiste des droits de l'homme Berhanu Nega. Dans une interview avec le quotidien privé, Addis Tribune, Nega a déclaré que l’ABC n'avait « aucune intention de s'opposer au gouvernement ni aucun intérêt à le faire. Nous souhaitons établir un dialogue responsable et une discussion raisonnée sur notre société.»

Même si les dirigeants éthiopiens ont exprimé leur désir d'améliorer les relations avec les médias, il est difficile de se défaire de vieilles habitudes. En octobre, les autorités ont accusé la Mission des Nations unies en Éthiopie et en Érythrée (MNUEE) « d’être à l’origine de fuites » aux médias et ont avancé que la pratique pouvait saper la confiance dans la mission de maintien de la paix. Cette accusation a été portée après que des représentants de l’UNMEE ont mis des reporters au courant d'une escarmouche entre une milice éthiopienne et les soldats d’un contingent indien de la MNUEE.