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LE TCHAD

Trois années de guerre civile sanglante au Tchad ont pris fin en janvier lorsque le gouvernement du Président Idriss Déby a signé un accord de paix avec le Mouvement pour la démocratie et la justice (Movement for Democracy and Justice -- MDJT) rebelle. Un mois plus tard, le Parlement a adopté une loi accordant l’amnistie aux membres du MDJT.

En dépit du traité, les combats se sont poursuivis sporadiquement et les médias sont restés étroitement soumis au contrôle de l’Etat. Les autorités, soucieuses de maintenir la trêve fragile avec le MJDT, ont moins bien toléré les rapports critiques sur la situation. En février, le Haut Conseil de la communication (High Council of Communications -- HCC), un organe officiel de réglementation des médias, a suspendu la station de radio indépendante FM Liberté pendant trois semaines pour avoir prétendument diffusé des « informations susceptibles de troubler l’ordre public ». La station avait diffusé des reportages sur une manifestation d’étudiants dans une université au Nord du Cameroun au cours de laquelle plusieurs Tchadiens avaient été blessés.

Bien que les autorités aient promis une « transparence totale » pendant les élections parlementaires d’avril, le HCC a interdit tous les programmes politiques radiophoniques avant le scrutin. Le conseil a indiqué que puisqu’il n’avait pas été en mesure de réglementer avec efficacité le temps d’antenne que reçoivent les partis politiques pour faire leur campagne, l’interdiction était nécessaire pour empêcher un accès inégal aux médias. Mais les journalistes ont rétorqué que l’interdiction ne faisait que favoriser le parti dirigeant du Mouvement du salut patriotique (Patriotic Salvation Movement -- MPS). Selon le bi-hebdomadaire privé N’Djamena Hebdo, « on peut aujourd’hui considérer que la politique est une farce dont on connaît l’issue à l’avance ». Peu semblent avoir été surpris par la victoire électorale du MPS qui a remporté 100 des 115 sièges parlementaires.

Pour beaucoup de journalistes, les interdictions qui ont pesé sur les programmes politiques et les résultats de l’élection ont confirmé que le HCC – créé à l’origine en tant qu’autorité indépendante qui promeut un libre accès aux médias – était devenu un instrument gouvernemental de contrôle de l’information. Le HCC a ordonné une interdiction similaire sur les programmes politiques avant les élections de 2001 qui ont porté le Président Déby vers une victoire écrasante.

Eu égard au taux élevé d’analphébétisation, la radio est le médium le plus important du pays. Bien que les autorités aient ouvert les communications audio-visuelles au secteur privé en 1994, les stations privées n’ont pas été en mesure de diffuser parce que le HCC a fixé le prix de la redevance à 4.000 dollars E.U. par an -- une somme astronomique au Tchad où le revenu annuel moyen est de 200 dollars E.U.