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LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
Un an après l’échec d’un coup d’Etat,
le gouvernement du Président Ange-Félix Patassé
a levé un couvre-feu national en mai. Cinq mois plus tard,
en octobre, plusieurs centaines de soldats et de civils ont été
tués lors d’une autre tentative de coup d’Etat
dirigée par un général d’armée
dissident, François Bozize, qui a paralysé le pays
pendant plusieurs semaines. Le régime de Patassé a
remporté la victoire avec l’aide de plus de 1.000 mercenaires
de la République démocratique du Congo et une petite
flotte d’avions de chasse libyens pilotés par des pilotes
libyens qui ont bombardé la ville de Damara, détenue
par des rebelles, à 50 kilomètres au nord de la capitale
de Bangui.
La plupart des journalistes locaux ont reconnu s’être
abstenus de critiquer les représailles brutales des autorités
contre les prétendus partisans de Bozize. Les quelques journalistes
qui ont contesté la réaction de Patassé ont
reçu des menaces de mort ou ont été harcelés
par les partisans et les représentants du régime.
Le 14 novembre, six soldats ont tabassé Joseph Benamse, un
correspondant de l’Associated Press et de la radio BBC pour
ses opinions soit-disant opposées à Patassé.
Plus ou moins à la même période, Maka Gbossokotto,
éditeur de l’hebdomadaire Le Citoyen et l’un
des critiques les plus ouvertement opposés au régime,
a fait savoir aux journalistes qu’il avait reçu plusieurs
menaces et que sa ligne de téléphone avait été
mise sur écoute.
En 2002, les médias étrangers se sont eux aussi heurtés
à des difficultés croissantes. Le 16 novembre, les
autorités ont brouillé les fréquences de la
station de radio pan-africaine Africa Number 1 de même que
la radio française Radio-France Internationale (RFI). Selon
les médias locaux, le Président Patassé a estimé
que la couverture de la tentative de coup d’Etat par RFI était
favorable aux rebelles. « Si vous continuez, je retirerai
RFI de la bande FM de Bangui », a averti Patassé selon
le site web de RFI. Le Ministre des communications Gabriel-Jean
Edouard Koyambounou a nié toute ingérence officielle
sur les fréquences du radiodiffuseur et a assuré que
des « orages et des pluies violentes » avaient sans
doute causé le brouillage.
Les rebelles du Général Bozize s’en sont aussi
pris aux professionnels des médias et ont été
largement condamnés par les groupes de journalistes. Le 15
novembre, trois journalistes centrafricains ont exigé la
libération de Prosper N’Douba, l’éditeur
du condensé hebdomadaire Centrafrique-Presse et porte-parole
du Président Patassé, qui a été pris
en otage par les rebelles le 25 octobre. N’Douba a été
libéré le 3 décembre.
Pendant ce temps, un tribunal de Bangui a condamné à
mort in absentia l’ancien chef d’état militaire,
Général André Kolingba, pour avoir «
attaqué la sécurité de l’Etat ».
Kolingba, qui vit à l’étranger et dont on pense
qu’il a mené la tentative de coup d’Etat de mai
2001, a dirigé la République centrafricaine pendant
12 ans avant de perdre les élections face à Patassé
en 1993. Sa condamnation a été prononcée un
jour avant que la Force communautaire économique et monétaire
centrafricaine, une force régionale de maintien de la paix,
ne déploie son premier contingent de troupes dans le pays.
Les observateurs s’attendent à ce que les journalistes
qui ont fui le pays pendant le régime de Kolingba reviennent
dans la république.
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