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LE BURUNDI
En 2002, le gouvernement du Président Pierre Buyoya est
resté méfiant de l’opposition politique et des
rapports critiques de la presse. Au cours de cette période,
les tentatives des autorités en vue d’identifier les
criminels de guerre après huit ans de guerre civile au Burundi
entre le régime dirigé par les Tutsis et l’opposition
appuyée par les Hutus se sont enlisées avec l’effondrement
des pourparlers de paix le 7 novembre et la reprise du conflit de
manière intermittente.
Le 14 janvier, les dirigeants du Burundi ont interdit le service
de presse privé Net Press, une propriété Hutu
très critique du gouvernement, parce que son journalisme
« subversif, diffamatoire, insultant et trompeur sape l’unité
nationale, l’ordre, la sécurité et la moralité
publique » ont déclaré les responsables. Après
des protestations formulées par la presse, les autorités
ont levé l’interdiction le 23 février.
Les relations entre le gouvernement et les médias n’en
sont pas moins restées tendues en 2002. En février,
le Président Buyoya s’est rendu à New York pour
demander au Conseil de sécurité des Nations Unies
de l’aider à mettre fin aux massacres et à éviter
le déraillement du processus de paix. Mais la violence a
ensuite éclaté dans différentes régions
du pays pendant le reste de l’année et une série
de reportages ont remis en question le désir de paix exprimé
par le régime.
Depuis mai 2001, Buyoya est favorable aux stations de radio indépendantes,
le médium le plus populaire du pays, depuis qu’elles
l’ont aidé a réprimer un coup d’Etat militaire.
Toutefois, le Président s’est abstenu de condamner
l’attaque par la police le 6 mars d’ Aloys Niyoyita,
un reporter du Studio Ijambo et du reporter local de l’Associated
Press, dans la capitale Bujumbura. La police a malmené et
détenu Niyoyita pendant qu’il couvrait le rassemblement
d’un groupe opposé à la paix.
Buyoya ne s’est également pas fait entendre le 17 mai
lorsque le Conseil national de la communication (National Communication
Council -- NCC), qui réglemente les médias au Burundi,
a interdit à tous les organes de presse d’interviewer
les dissidents et les groupes de rebelles. La décision du
NCC a été prise après que le Ministère
de la défense a accusé la Radio Publique Africaine
indépendante d’avoir compromis la sécurité
nationale en diffusant les détails d’une opération
militaire prévue.
Le président du NCC, Jean-Pierre Manda, a ultérieurement
expliqué que « ce n’était pas la détention
de l’information qui était illlégale, mais sa
diffusion prématurée ». Quelques mois plus tard,
le NCC a avancé un argument similaire lorsqu’il a interdit
le numéro de juillet du mensuel privé PanAfrika qui,
d’après le Conseil, incluait des vues « extrémistes
et subversives ». Dans une interview publiée dans ce
numéro, un ancien ministre accusait le Président Buyoya
d’être un dictateur dont les politiques étaient
susceptibles « d’enterrer tous les Burundais vivants».
Etonnamment, bien que les autorités aient continué
à faire obstruction à la liberté d’expression,
au début du mois de juin, le NCC a pris le contre-pied de
sa politique habituelle qui consiste à prendre fait et cause
pour le gouvernement en demandant aux autorités de mettre
fin au « harcèlement et à l’intimidation
» des journalistes. Le conseil a accusé le Bureau du
Procureur de l’Etat de violer la liberté de la presse
en faisant totalement l’impasse sur une enquête de la
police sur le meurtre en novembre 2001 du chef du bureau local de
l’Organisation mondiale de la Santé.
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