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LE BOTSWANA
Bien que les journalistes et les observateurs des droits de l’homme
considèrent généralement que la presse indépendante
du Botswana est libre, les autorités ont prouvé en
2002 qu’elles n’étaient pas disposées
à tolérer la couverture négative par les médias
de l’Etat.
A la mi-avril, le Ministre des affaires présidentielles et
de l’administration publique, Daniel Kwelagobe, a réprimandé
les journalistes de la chaîne de télévision
d’Etat, Botswana Television (BTV), pour avoir insulté
le Président Festus Mogae en diffusant des commentaires de
Neo Mothlabane, chef du parti de l’opposition, le Parti populaire
du Botswana. Kwelagobe, qui est aussi le secrétaire-général
du Parti démocratique du Botswana, au pouvoir, a averti la
station qu’elle devait épurer ses reportages. Les commentaires
du ministre ont troublé les journalistes locaux qui ont estimé
que ce type de déclarations créaient un climat d’intimidation
pendant une période vitale de débat national sur des
amendements constitutionnels destinés à protéger
les droits des tribus minoritaires.
Kwelagobe a également accusé la presse de «
sensationnalisme et de superficialité dans ses reportages
sur le débat tribal en cours ». Selon l’hebdomadaire
indépendant Mmegi, Kwelagobe a avancé que les médias
d’Etat constituaient « un outil pour construire le pays
», alors que les médias privés étaient
« motivés par des raisons commerciales ». En
dépit de ces critiques, les autorités n’ont
pris aucune mesure sérieuse contre la presse privée
en 2002.
Nonobstant, les autorités ont exercé des pressions
croissantes sur les médias d’Etat. Le 22 avril, le
débat populaire diffusé par Radio Botswana, «
Live Line », qui avait prévu une discussion sur les
nouvelles couvertes par les médias du service public a été
annulé juste avant de passer à l’antenne. A
peu près au même moment, le directeur général
de BTV, Oshinka Tsiang, connu pour le ferme soutien qu’il
accorde à l’indépendance éditoriale,
a donné sa démission à cause de l’ingérence
de l’Etat selon les journalistes locaux. Malgré les
assurances des autorités de ne pas se mêler des opérations
de la BTV, Tsiang était le second directeur de BTV à
démissionner en un an à cause de l’ingérence
de l’Etat.
L’opposition politique s’est également élevée
contre la presse du Botswana. Pendant un rassemblement politique
en mai, David Mhiemang, politicien du Front national du Botswana
a agressé le chroniqueur de Mmegi, Stryker Motlaloso en
représailles à la couverture par le journal du factionnalisme
au sein du parti.
Les médias ont néanmoins connu quelques développements
positifs en 2002. En septembre, la juridiction des questions relatives
aux médias – y compris les relations entre le gouvernement
et les médias – est passée du Ministère
des affaires présidentielles et de l’administration
publique de Kwelagobe au Ministère des communications, des
sciences et de la technologie tout juste créé. Au
Botswana, les journalistes espéraient que le nouveau ministère
serait mieux disposé à l’égard de la
presse.
A la fin du mois d’octobre, les journalistes et les défenseurs
des droits des médias ont créé on conseil de
la presse destiné à réglementer les médias
du Botswana. Le conseil sera saisi des pétitions du public
concernant la performance des membres de la presse et il sera habilité
à « prononcer des jugements sur ces questions et à
prendre des mesures nécessaires, y compris des sanctions
le cas échéant, afin d’encourager un climat
de confiance et de respect mutuels entre la presse et le public
». Cet organe auto-réglementé est la réponse
des médias du Botswana à un projet de loi sur les
communications des mass médias propose par le pouvoir qui
aurait pour but d’établir un conseil statutaire de
la presse dont les dirigeants seraient nommés par le gouvernement.
Les journalistes locaux ont critiqué le projet de loi avec
virulence et avancé que c’était une tentative
de museler la presse et de contrôler la politique éditoriale.
La réinstallation par l’Etat des populations San dans
la Réserve du Kalahari central a attiré l’attention
des médias en 2002. Les autorités ont refusé
à certains journalistes l’accès aux San pendant
les dernières étapes de la réinstallation,
considérée par de nombreux observateurs comme un retrait
forcé, et ont harcelé les reporters qui avaient réussi
à communiquer avec les déplacés.
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