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L'ANGOLA
Le 21 février, les autorités
angolaises ont annoncé que leurs troupes avaient tué
Jonas Savimbi, qui avait mené pendant plus de trente ans
la lutte pour le pouvoir du groupe rebelle UNITA dans l’Angola
pétrolifère. Le même jour, la télévision
d’Etat a diffusé un programme spécial montrant
sous plusieurs angles le cadavre de Savimbi avec des gros-plans
répétés de son cou où était entrée
la balle meurtrière. Nombre d’Angolais ont fêté
l’événement dans les rues avec des feux d’artifice,
des coups de feu en l’air et du champagne alors que d’autres
envisageaient l’avenir avec inquiétude.
A la fin du mois de mars, les combattants de l’UNITA et le
gouvernement du Président José Eduardo dos Santos,
las de la guerre, ont signé un accord de paix. Les journalistes
angolais ont acclamé la reddition de l’UNITA et ont
aussitôt commencé à réaliser des reportages
sur la démobilisation et le désarmement des rebelles
de même que sur l’effort national de réconciliation.
« Não Coragem » (Pays courageux), un programme
hebdomadaire d’affaires publiques à la télévision
d’Etat, a remporté un succès immédiat
en Angola et à l’étranger lors de son lancement
en mai. Le programme a diffusé des reportages sur des Angolais
qui recherchaient des parents disparus pendant plusieurs dizaines
d’années de conflit. En septembre, « Não
Coragem » avait diffusé les histoires de 7.000 personnes
et selon la BBC, réuni 80 familles.
Les autorités de la place n’ont pas toujours bien accueilli
la couverture du mouvement de réconciliation par les journalistes.
Le 31 mai, Le Bureau des enquêtes criminelles a détenu
et interrogé Manuel Vieira, un correspondant de la station
de radio de l’Eglise catholique Radio Ecclesia à Huila,
une province du sud du pays. Pendant plusieurs heures, Veira a été
pressé d’expliquer pourquoi il avait choisi de faire
un reportage sur le taux de mortalité curieusement élevé
dans les camps de transit construits par le gouvernement pour les
ex-combattants de l’UNITA. Veira a été mis en
garde contre de futures révélations puis relâché.
En janvier, le Tribunal provincial de Luanda a ordonné au
journaliste free-lance Rafael Marques de verser 950 dollars E.U.
au Président dos Santos après la condamnation du journaliste
pour diffamation en mars 2000. Le procès avait été
intenté à la suite de l’un de ses articles qui
attribuait à dos Santos « la destruction du pays et
la promotion de la corruption ».
A la fin de l’année, le tribunal de Luanda avait été
saisi d’une plainte déposée par la Fondation
Eduardo dos Santos contre l’hebdomadaire privé Agora.
La revue était accusée de faux et de diffamation pour
un article qu’elle avait publié en novembre et qui
alléguait que deux femmes angolaises arrêtées
à l’aéroport de Rio de Janeiro en possession
d’un million de dollars E.U. en liquide étaient en
mission pour la fondation. « C’est avec perplexité
et une profonde indignation que nous avons pris connaissance d’une
affaire qui compromet gravement l’image et les objectifs de
la fondation », a expliqué son président.
Les dirigeants de l’Angola n’ont toujours pas présenté
le projet d’une nouvelle loi sur la presse plus libérale
promise il y a plus de deux ans. Les autorités disent y travailler,
mais les journalistes restent sceptiques. Bien qu’Agora publie
régulièrement des éditoriaux rappelant leur
promesse aux autorités, la plupart des journalistes angolais
semblent trop occupés à joindre les deux bouts pour
suivre la longue séries des promesses brisées.
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